Chronique – 35


Des rizières Viennoises, de l’embouchure du Danube, des moutons et des humains

Aujourd’hui nous sommes allés dans la périphérie de Vienne pour rechercher les moutons nous permettant d’atteindre Bangkok par les sommets des montagnes avoisinantes le mode de transport étant le saute-mouton intégré.

Notre pérégrination a été quelque peu insolite, surprenante et à vrai dire déroutante. Je pensais que Vienne au printemps serait proche des paysages à la Hodler mais pas le moins du monde, pas de sommets encore enneigés, de cascades enflées, de chalets coquets, rien que des rizières, des temples, des buffles, des petites maisonnettes aux toits de tôles colorés et comble d’étonnement l’embouchure du Danube et la mer à quelques kilomètres à peine de Vienne.

Il peut s’agir à mon sens (i) d’un changement quantique de grande ampleur, (ii) d’un saut dans l’une des dimensions parallèles ou (iii) de la réalisation virtuelle d’un réseau militaro-industriel très puissant apte à changer les décors au gré des envies de ses promoteurs masqués.

Nous ne nous sommes pas laissés prendre par cette altération du temps ou de l’espace et sommes restés sur une acceptation Newtonienne teintée d’Einstein et Poincaré des choses et avons progressé en nous focalisant sur un seul et même but, trouver des moutons nous permettant de mettre en place notre nouveau système de déplacement.

Cependant, force a été de constater que les autrichiens que nous avons rencontrés n’ont pas été très coopératifs et ne nous ont pas indiqué surement et directement la direction des élevages d’ovins. On nous a mis en relation avec des buffles, voire des éléphants ou des tigres, allez savoir ce qui se cachait derrière cette intention fallacieuse, mais pas de mouton. Rien, même pas un petit agneau et encore moins un bélier, rien de tout cela, nenni.

Notre quête est restée totalement infructueuse.

Après plusieurs heures de marches, nous nous sommes arrêtés dans un village de pêcheurs sur pilotis et tout en contemplant les paysages maritimes autrichiens avons devisé sur la meilleure manière de trouver des moutons en terrain hostile.

L’extincteur, esprit pratique par excellence, a suggéré de chercher des laiteries ou petits restaurants d’altitude, trouver du fromage de brebis artisanal et remonter la filière à partir de ce point précis.

Le Yéti était prêt à escalader les montagnes pour l’aider mais comme il n’y avait pas de montagnes environnantes et encore moins de laiteries nous sommes restés chou-blanc, les pingouins s’étant déclarés disposés à cet égard à vendre ce légume au marché fluvial mais nous les en avons dissuadés pour pouvoir demeurer compact et cohérent dans notre approche.

Le grille-pain moins dépressif que d’habitude a suggéré d’appliquer le principe Kierkegaardien d’ironie à cette situation et a proposé de réunir des humains en lieu et place des moutons puisque selon lui le mammifère le plus proche de du mouton de par son comportement était assurément le bipède soi-disant humain.

Le Yéti a surenchéri en soulignant que l’humain avalait tout et n’importe quoi, les armes de destruction massive, les crises financières, les spéculations et les enrichissements sans foi ni loi, ce qui drainait son système lymphatique et hépatique sans pour autant ralentir la courbe de son vieillissement selon les dernières données disponibles ce qui le rapprochait alors du cochon tout autant que du mouton. Il s’est cependant rallié à la cause du grille-pain et a proposé de réunir des humains quelconques en leur faisant miroiter quelque chose, la présence de Madonna à Vienne, la réunification de l’Autriche et de la Hongrie, le couronnement d’un Bourbon, la décapitation du Père-Noël, la victoire du Rapid de Vienne et d’Ailleurs en coupe d’Europe des clubs pas champions pour un sou, ou quoi que ce soit de similaire et de fondamentalement important dont le dévoilement aux foules moutonnesques permettrait de rallier à notre cause des centaines d’humains pantelants, chancelants et totalement niaiseux.

J’ai profité de ce comportement un brin disgracieux à l’égard de Maria et moi-même pour reprendre l’avantage sur le grille-pain, l’enlever des mains de Maria et le poser dans celles du Yéti en suggérant qu’ainsi il ne serait plus dans des pattes ovines ce qui l’a visiblement chagriné au plus haut point entrainant un déluge de larmes conséquent. J’ai néanmoins ajouté que si l’humain contemporain était tel c’était aussi parce que l’histoire, la philosophie, la géographie, ou les langues mortes n’étaient plus vraiment enseignées à l’école ce qui expliquait le manque de recul et de concentration de la gente humaine mais ceci a laissé toute le monde froid, surtout le réfrigérateur qui a indiqué qu’il avait déjà accueilli un humain en son sein – moi – et qu’il pouvait se charger d’un ou plusieurs autres à notre convenance.

L’autruche volante s’est dressée et a scandé un poème de sa composition l’humain d’un saut de puce est devenu géant puis grenouille avant de finir mouton et bientôt mariné en ris de veau, de dérision en ironie et de grandeur en décadence, celui par qui le ciel s’est terni s’est vu à son tour arraché les couleurs et remplacé les gilets de sauvetage par des tricots en laine de mouton…

Je n’ai pas écouté la suite.

Les pingouins ont proposé de sélectionner les candidats humains en imposant un questionnaire sur Piero della Francesca mais nous avons écarté cette hypothèse depuis que nous avons compris ce qu’il advenait des candidats malheureux à cette épreuve – voire chronique précédente (NDLR ceci est encore une nouvelle preuve de l’incapacité de l’auteur de comprendre qu’en vertu de la loi 345/tz/cht du neuviose 3 la publicité clandestine est interdite dans cette chronique. Bon sang ! Quand donc comprendra-t-il ?).

Maria a simplement proposé de quérir quelques humains aux alentours et de leur proposer un jeu de saute-moutons. Nous nous sommes tous perdus dans son regard et avons opiné du chef sans réaliser ce qu’elle nous disait. Cependant, par prudence, j’ai suggéré au dernier moment que ce soit moi qui le fasse plutôt qu’elle, on ne sait jamais. Tout le monde a agréé.

Nous sommes ainsi repartis à la recherche des moutons perdus et réincarnés en humains de la dernière génération.
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Chronique – 34


Des Noëls d’antan et des yeux de Maria

Nous nous sommes promenés ensemble le long du Danube savourant la température douce et chaleureuse, profitant du spectacle des temples dorés, des barges chargées de fruits ou légumes exotiques passant et repassant mollement, des dépôts charriés par le fleuve dans un sens ou un autre suivant la marée, de l’odeur chargée d’iode, des palmiers et buissons chargés de fleurs, et des sourires des passants se promenant en chemises fleuries ou sarongs.

Vienne est décidément une belle ville et n’en déplaise à celles ou ceux ayant intérêt à nous démontrer que nous ne sommes pas dans cette ville, nous en profitons autant qu’il est possible de le faire en ce beau mois de mai.

A un moment donné nous nous sommes arrêtés au bout d’une jetée en attendant une des navettes typiques de Vienne empruntées par une population bigarrée et colorée, nous en avons profités pour nous remémorer nos souvenirs des Noëls passés.

Le grille-pain installé langoureusement sur les genoux de Maria ce qui n’est pas, je dois vous l’avouer, sans susciter un brin d’exaspération de ma part, s’est contenté de larmoyer que toute sa vie durant les Noëls ne lui avaient rapporté que des miettes mais nous n’avons pas prêté plus attention que cela à ces plaintes sempiternelles.

Le Yéti nous a savoureusement indiqué que Le Grand Yéti Bleu, monarque sage et vigoureux, à l’écoute de son peuple, mettait son titre en jeu le matin de Noël. Toute la foule Yétiesque était traditionnellement présente et celles ou ceux qui le défiaient le faisaient à armes égales. Naturellement, le Grand Yéti Bleu gagnait systématiquement de par sa sagesse, sa vélocité et sa sagacité tant il est vrai, me semble-t-il – mais je n’ai pas partagé ce concept avec mon lointain cousin – qu’il devait être passablement difficile pour qui que ce soit de se battre à genoux et les yeux vers le sol en déférence et vénération dues au monarque suprême quelles que puissent être les circonstances.

Les pingouins nous ont expliqué que le jour de Noël ils en profitaient pour poser trois questions au hasard et que celui ou celle qui y répondait correctement pouvait passer au Walhalla directement sans passer par la case départ tandis que les autres étaient décapités sans autre forme de procès mais satisfaits du sort qui leur était réservé nourrissant les pauvres poissons, pingouins et ours isolés sur une banquise hostile. La plus récente victime avait été un hurluberlu rouge et blanc se promenant bien stupidement dans un chariot désuet tiré par des rennes, des animaux que les pingouins n’aiment pas, et qui avait été proprement incapable de nommer le deuxième prénom de la grand-mère maternelle de Piero della Francesca. Pauvre homme et pauvres rennes.

Maria a parlé des Noëls de son enfance en me regardant avec son sourire si Léonardien. Manquant de me noyer à plusieurs reprises j’ai goûté à ses paroles magiques et regardé avec délice tant son visage que la peau fine et lisse de son cou à peine effleuré par une soierie légère que je lui ai offerte hier. Je n’ai malheureusement pas entendu ce qu’elle a dit tout entier perdu dans sa vision charmante. Ceci est un problème auquel je devrais tôt ou tard trouver une solution tant il est vrai que l’aimant que je prétends être se doit à tout le moins de comprendre ce que lui dit celle qu’il prétend aimer. Triste réalité mais mettez-vous à ma place, ou plutôt ne vous y mettez pas car sinon je serais obligé de vous transformer en confiture de coing ce qui ne m’enchanterais guère étant profondément pacifique.

L’autruche volante, dite marmotte gracieuse nous a avoué que Noël n’évoquait rien pour elle si ce n’est des cigognes débiles allant dans tous les sens probablement sous l’influence de narcotiques ou d’alcools divers pour jeter des paquets bizarres dans des cheminées invraisemblables quitte à provoquer des feux de cheminée ce qui faisait dire aux autruches volantes qu’à Noël il ne fallait pas croiser des cigognes, cela portant malheur et feu de forêt. Qui en voit une doit faire pénitence auprès de Sainte Marguerite du Fumet Doré, qui n’en voit pas une doit sauter sur une jambe trois fois en enjambant la Tamise ou l’Orégon en sens inverse des aiguilles d’une montre.

L’extincteur nous a raconté avec gourmandise ces soirées où on lui présentait avec amour un feu de sapin pour titiller son appétit ce dont il profitait avec joie et amusement.

Enfin, le réfrigérateur nous a simplement dit : Noël ça pue, c’est indigeste, c’est trop plein, ça fait rompre les amarres et moi j’en ai toujours eu marre. Je préfère Pâques. Pâques c’est jeûne et moi le jeûne j’aime.

J’ai essayé de parler de mes Noëls d’antan mais pas un mot n’est sorti de ma bouche car Maria m’a regardé avec un sourire qui a fait chavirer la barge passant derrière nous et moi avec. Je dois apprendre à mieux me contrôler.

Par contre, j’ai suggéré à mes compagnons que nous nous offrions mutuellement des cadeaux pour notre soirée de Noël qu’après une discussion assez longue nous avons décidé de reporter au mois de septembre pour plus de commodité et pour nous permettre de nous rendre à Bangkok à saute-mouton.

Nous ne devons pas perdre les moutons de vue, ceci est notre priorité. Noël viendra après d’autant que nous sommes en mai.

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Chronique – 33


De la poésie des autruches, de Copenhague et Vienne, de la fin des téléphériques souterrains et de l’avènement du saute-mouton comme principe de déplacement euphorique et efficace  

Chaque jour est un autre jour, et chaque autre jour se rajoute au précédent pour former un tout uniforme et blanc, voire gris-vert suivant les saisons. Tel est en substance ce que l’autruche volante nous a indiqué ce matin. Nous la découvrons poète ce qui est une belle chose.

Elle s’est mise à papoter et chantonner divers airs humés en altitude là où, dit-elle, on voit le monde plus beau qu’il n’est et surtout plus mélancolique. Elle a évoqué les vents mauvais et les bons aussi, ceux qui portent et ceux qui froissent les esprits chagrins, les vents d’est et les vents d’ailleurs, les vents tristes et les vents gais. Je ne savais pas qu’il y en a autant.

Surtout, elle s’est grattée la tête et en nous jetant une sorte de sort nous a mis la puce à l’oreille, à savoir que peut-être nous pourrions ne pas être à Copenhague, une chose qui ne m’a particulièrement surpris n’ayant pas trouvé de sandwichs ouverts succulents répondant au joli nom de smorrebrod sur les étals. Les plats au curry, le fleuve, la température chaude, la gentillesse et douceur des passants, le curry dans les plats, les mangoustans, mangues, papayes et litchi, les temples et pagodes, les bouddhas assis ou couchés, bref tout cela faisait un peu désordre au Danemark.

J’ai donc été rassuré de l’affirmation autruchienne selon laquelle nous n’étions pas à Copenhague du tout, pas le moins du monde, même pas en dessous du moins, encore plus bas que la norme pascalienne en vigueur, plus petitement que les doigts de fées des mers du nord ou les pieds assis de Corinthe, non nous ne sommes pas au Danemark, n’en déplaise à Hamlet et son copain Shakespeare, on est loin du compte, de l’assiette et du Jutland.

Le grille-pain qui se remet de ses émotions ne s’est pas affolé et sous médication intense consistant en un regard de Maria par demi-heure il a simplement hoché la tête langoureusement et s’est prostré sur les genoux de son divin médecin. S’il n’était aussi dépressif j’en serais presque jaloux. Cette perspective au demeurant m’est un peu désagréable car comment pourrais-je avouer à quelque médecin, psychiatre, psychanalyste, psychodramaturge que ce soit que je suis jaloux d’un grille-pain ?

Autant leur annoncer que le monde tourne dorénavant du nord au sud, que les caïmans montent aux arbres et que les humains s’aiment. Bizarre que ce monde où nous vivons.

En tout cas, pour en revenir à cela, nous ne sommes pas à Copenhague mais bel et bien en Autriche, foi d’autruche et marmotte gracile et cieuse. C’est un fait et nul ne le contestera, le pays des téléphériques, des montagnes et de la valse, de la tarte Sacher, autant de choses que nous n’avons pas encore vu mais qui dans ce monde où l’évidence est toujours cachée et l’hypocrisie, le cynisme et le machiavélisme règnent sans partage, c’est une preuve de plus de la justesse de l’autruche volante.

Le Yéti anarchiste s’est bien avancé à faire remarquer qu’après tout nous n’avions aucune preuve tangible d’être à Copenhague et que donc, suivant ce raisonnement autruchien fort habile, nous pourrions aussi bien nous trouver dans cette ville-là. Cependant, tout le monde en ayant plus qu’assez de trouver un téléphérique reliant Copenhague à Bangkok les arguments Yétiesques ont été balayés d’un revers de la main, du câble électrique, du tuyau, des lunettes roses et de la porte, respectivement.

Nous sommes donc à Vienne.

Reste à quitter ce lieu pour nous rendre à Bangkok et de trouver un chemin aisé, non surveillé et rapide pour la cité de nos rêves, là où nous ne serons plus poursuivis par des quémandeurs de toute catégorie nous enjoignant ce qui de droit, de fait ou d’ailleurs, ne nous regarde pas, ne nous concerne pas et ne nous intéresse pas.

L’autruche volante nous a ensuite soumis une idée à toutes fins ou débuts utiles, à savoir que rejoindre Bangkok pourrait se faire en sautant de montagne en montagne par l’intermédiaire de moutons coopératifs. Il est évident qu’aucun magistrat digne de ce nom ne pourrait simplement envisager que des fuyards quittent un pays en saute-mouton et c’est la raison pour laquelle cette idée nous a beaucoup plu. Elle est par ailleurs d’exécution assez simple : Il suffit de trouver des moutons coopératifs de les conduire au sommet des montagnes autrichiennes et de sauter au-dessus des uns puis des autres.

Tout cela fait sens, n’est-ce pas ? En tout cas, nous progressons à grands pas vers une solution pragmatique, réaliste et pratique. L’air autrichien nous convient bien et les sourires autruchiens volants nous conviennent bien.

Je vous livre son dernier aphorisme : il n’est pas pire autruche que celle qui soigne les dents des gens pour de l’argent.

Je ne suis pas sûr d’avoir saisi la subtilité de la chose, mais vous souhaite une belle et bonne soirée.

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Chronique – 32


De la tentative de suicide d’un grille-pain existentialiste, d’Innocent III, de l’inquisition et des téléphériques souterrains    

Ce matin les évènements ont pris un tour dramatique. Le grille-pain a tenté de se suicider en se pendant à son fil électrique depuis la fenêtre du rez-de-chaussée. Nous l’avons décroché juste à temps mais sans avoir pu éviter une coupure de courant généralisée dans le nord et l’ouest de l’agglomération danoise. Son regard était affreusement triste et nous avons essayé de comprendre les circonstances ayant entraîné cette tragédie.

Maria lui a parlé avec sa voix suave et d’une grande tendresse, avec son accent à nulle autre pareil et son regard qui ferait fondre la lune et dont je pense qu’il est à lui seul responsable de la transformation en statues de sel de millions d’individus masculins ou féminins tout juste bon à répondre par oui ou par non aux questions qu’on leur pose, une aptitude limitée par l’éblouissement ressenti en ayant eu accès une fois dans leur vie à cette beauté suprême. Elle lui a parlé et a tenté de comprendre l’incompréhensible, pourquoi le grille-pain kierkegaardien avait ainsi essayé de mettre fin à ses jours et ses nuits, tout cela durant notre pérégrination danoise à la recherche du téléphérique dorénavant mythique reliant Copenhague à Bangkok.

De fait, Maria, l’extincteur et moi étions partis le long du fleuve puis vers l’ancienne capitale plus au nord comprenant des centaines de temples et palais en ruine d’une étrange et fascinante beauté.

Les trois pingouins aux lunettes roses, nous l’avons appris plus tard, avaient sillonné les égouts à la recherche dudit téléphérique. Interrogés sur les raisons de cette recherche souterraine ils nous ont ultérieurement répondu que les autorités et services secrets  avaient probablement décidé de camoufler ledit engin de transport et quel meilleur endroit pour ce faire que le cacher à la vue de tous et toutes en l’enfouissant sous terre. J’ai essayé, mais sans succès, de leur montrer la singularité évidente que représenterait un téléphérique souterrain mais ils n’ont pas daigné écouter mes arguments et se sont contentés de me renvoyer à la lecture de Wikileaks dans quelques années. Je n’ai rien dit d’autant qu’à ce moment particulier Maria m’a souri ce qui a fait fondre la moitié de ma tête et le haut de mon torse exigeant par là même l’intervention immédiate du réfrigérateur et de l’extincteur qui ont mis le tout dans la partie la plus froide du premier nommé après avoir utilisé les brumes étincelantes du second.

Bref, les circonstances de la tentative de suicide m’ont été ultérieurement rapportées par la marmotte gracieuse, c’est-à-dire l’autruche volante, qui a écouté le tout depuis le toit de tôle où elle a installé son nid depuis peu.

Or donc, ce matin, en l’absence de presque toute la corporation des co-auteurs de cette chronique dûment enregistrés auprès des autorités libres et bienfaisantes du pays hôte toutes entières tournées vers le bien-être des fidèles danois et autres affiliés propres et sereins, bénis par la chance et le devoir d’intégrité, ne sont restés en ces lieux faussement paisibles que ledit grille-pain, le Yéti anarchiste et le réfrigérateur.

Le Yéti s’est alors lancé dans une des trop fameuses élucubrations indiquant qu’il était candidat à l’investiture papale, qu’il disposait de toutes les chances à cet égard et que s’il était nommé il s’appellerait Coupable III en référence à Innocent III. Le réfrigérateur lui a fait remarquer fort justement que la place n’était pas à prendre et que même si elle devait l’être il ne faisait pas partie du collège des cardinaux et que de surcroît il y avait fort peu de chances qu’une génération spontanée de jurisconsultes chrétiens choisissent un énergumène anarchiste et athée de surcroît.

« Pourquoi serait-ce un problème ? » A-t-il demandé naïvement « l’important c’est la robe et je dois admettre que me déguiser en mauve ou or ce serait sympa en plus j’édicterai tellement de décrets papal que cela donnerait le tournis à tous y compris les derviches du même nom. » Les deux ont continué a deviser ainsi pendant un certain temps le réfrigérateur finissant par dire que lui-même ferait un bon pape dans la mesure où il avait l’habitude de congeler les foules et réfrigérer les passions les plus ardentes ce qui à son tour à conduit le Yéti à évoquer avec force et fureur l’inquisition, les tortures et autres gracieuseté des temps passés.

Le grille-pain se serait alors senti particulièrement visé comprenant dans ses viscères des grilles brûlantes servant comme chacun peut l’imaginer à toaster les pains et brûler les doigts de ceux ou celles qui comme moi tentent de sortir les morceaux coincés à l’intérieur sans précaution particulière. Il aurait indiqué qu’il regrettait au nom de tous les siens le mal qui avait pu être fait, qu’il portait ses grilles comme une croix, qu’il était peiné des brûlures et marques infligées de par son fait et de celui de ses prédécesseurs, qu’il pleurait les victimes des horreurs perpétrées par le passe et ainsi de suite.

Ses lamentations devenant insupportables pour le Yéti habitué au calme de ses montagnes, il lui a fait observer que l’inquisition était née sous Innocent III dans sa croisade contre les cathares, qu’il avait fait brûler tous ceux et celles qui ne croyaient pas comme lui mais qu’à cette époque les grille-pains n’existaient pas, qu’il n’était donc responsable de rien du tout et qu’il ferait bien de se taire pour que le silence puisse pénétrer le logis et imprégner toute chose et tout objet.

Mais ceci n’a pas calmé le grille-pain qui s’est référé à Darwin et Lamarque et a demandé de qui lui le grille-pain descendait. Le réfrigérateur et le Yéti anarchiste étant à ce moment-là fort peu enclin à la discussion ils ont répondu respectivement : « vu ta morphologie je dirai un gros rat et une brique chaude. »

Le grille-pain a encaissé cette nouvelle avec larmes, cris et nouvelles lamentations ce qui a poussé les deux compères a quitter les lieux non sans avoir claqué la porte et proclamé qu’ils étaient devenues créationnistes et que le grille-pain était ainsi le premier exemplaire autoproclamé de générations spontanée démontrant clairement aux yeux de toutes et tous l’absurdité de Darwin et ses congénères.

Le grille-pain n’ayant alors comme perspective que de descendre d’un rat ou d’une brique chaude et persuadé d’avoir provoqué la résurgence d’une forme de négationnisme et révisionnisme a tenté de se pendre sur le champ.

Soyez rassurés, il se remet dans les doux bras de Maria qui lui chante une comptine qu’elle vient d’imaginer sur les amours d’un grille-pain et d’une alouette dans le charmant pays du Walhalla.

Tout est ainsi rentré dans l’ordre, on m’a remis la moitié de ma tête et de ma poitrine en place et j’écris ces lignes en contemplant la douce silhouette de Maria chantant sa complainte. Je suis béat et béni.

Que le Walhalla m’avale tout cru, je m’en fiche, j’ai déjà vu une déesse et pour autant que le Yéti cesse d’hurler au dehors que dorénavant on l’appelle Coupable III je pourrais peut-être m’endormir sur cette douce pensée.

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Chronique – 31


De Platon, d’Henri IV, de la révolution et de la recherche oppressante d’un téléphérique  

 

Notre situation est une fois de plus alarmante. Notre quête d’un téléphérique reliant Copenhague à Bangkok est au point mort et au lieu de pouvoir consacrer un temps conséquent à ce préalable nécessaire à notre fuite, nous faisons face à de nouvelles dissensions et des menaces extérieures de plus en plus fortes.

Coincés dans notre petite bourlingue danoise entre le marché aux fleurs et le temple du bouddha incliné, j’imagine à quelques encablures de la petite sirène tirée de ce bon, brave et vieux Andersen, nous nous chamaillons sans cesse. Probablement est-ce le fait d’une promiscuité bien trop importante mais il demeure que les relations entre les pingouins à lunettes roses et mes autres amis laissent de plus en plus à désirer.

Ce matin, par exemple, tout a commencé lorsque les pingouins ont longuement observé l’autruche volante qui écoutait avec un délice évident les balbutiements du climatiseur avant de noter que s’il fallait en croire Platon et la corrélation qu’il avait établi entre la musique ou sons écoutés et le caractère et la valeur intrinsèque d’un individu il serait judicieux d’envoyer ladite autruche à la casse, ce qui vous l’imaginez n’a pas le moins du monde détendu l’atmosphère.

A peine Maria est-elle parvenue à détendre l’atmosphère qu’ils s’en sont pris au grille-pain en lui disant qu’entre Kierkegaard et Honegger il n’y avait qu’un « g » mais qu’aucune telle lettre ne figurait dans le saint nom de Piero della Francesca, ce qui à mon sens ne voulait pas dire grand-chose, mais a provoqué de violents larmoiements de notre ami si sensible et une éruption concomitante de violence du Yéti et de colère du réfrigérateur. Maria à calmé son petit monde en chantonnant une chanson de Prévert et tout est rentré dans l’ordre pour un temps.

Plus sérieusement, nous avons été informé par des voisins de passage venus nous amené quelques circuits électriques et des fruits pour notre déjeuner que l’on venait de retrouver la tête d’Henri IV ce qui a laissé tout le monde de marbre sauf le réfrigérateur qui a hurlé et clamé son innocence, a sauté sur place quelques minutes et menacé de se jeter par la fenêtre du rez-de-chaussée où nous trouvons si nous le dénoncions. Je lui ai fait remarquer que d’après les informations que nous possédions nul ne semblait avoir émis le moindre doute quant à notre éventuelle responsabilité et plus encore que les détails de cette importante affaire qui avait occupé en son temps et  fort justement une place centrale dans les médias du monde entier ne mentionnait pas une recherche quelconque encore moins un mandat d’amener, rapporter, rejeter ou délaisser de quelque ordre que ce soit.

Mais ceci n’a pas calmé notre ami. Il s’est emporté furieusement, a indiqué que lors de la révolution des fruits et légumes dont j’ai parlé dans ces chroniques (NDLR publicité intempestive interdite par les termes explicites, implicites et cites de la loi 345 cbh / xx du 33 juin 2009 et susceptible de valoir à son auteur une récrimination affranchie de type B solennelle et plus si accord des autorités vigilantes, aimables et chéries) des incidents gaves avaient été répertoriés, que des actes indescriptibles avaient été enregistrés et que lui ne répondrait de rien même en cas de torture sauf en cas de chatouilles de degrés élevés incompatibles avec son complexe de réfrigération.

Le Yéti, évidemment, a sursauté à l’évocation du mot de révolution et s’est précipité vers la rue en hurlant ce mot à maintes reprises ce qui heureusement n’a eu aucune conséquence grave puisque son évocation en serbo-portugais-papou a laissé tous les marchands de marbre sauf un qui pensait que notre compagnon souhaitait disposer rapidement d’un collier de chrysanthèmes. Je ne sais pas si cette personne était bien ou mal intentionnée mais il reste qu’elle a pris des notes sur un calepin et est partie à grande vitesse peut-être pour nous dénoncer pour quelque crime de lèse-majesté à l’encontre de la monarchie danoise ou pour poster ceci sur Wikileaks voire avouer notre rôle dans la propagation d’informations secrètes sur la migration des autruches volantes. Allez savoir. Je ne peux que partager avec vous ce stress qui s’étend en mon être intérieur face à l’accumulation des menaces et le poids des responsabilités tel un assemblage de poupées danoises.

Je ne peux même pas dire que mon sang se glace à l’évocation des périls qui nous guettent puisque ceci pourrait avoir des répercussions indescriptibles sur la santé mentale de mon réfrigérateur.

Il ne reste qu’un seul impératif : découvrir ce fichu téléphérique le plus rapidement et efficacement que possible. Il doit bien exister quelque part, n’est-ce pas ?

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Chronique – 30


De Piero, de Dante, de Fibonacci, des téléphériques et d’une bagarre mémorable

Je dois admettre que parfois il m’est difficile de conserver un semblant de calme face au comportement de mes compagnons. Qu’on en juge.

Nous sommes toujours dans cette belle et douce ville de Copenhague, bénéficiant d’un microclimat très sain, d’une végétation riche et foisonnante, souvent d’inspiration tropicale ce qui ne cesse de m’émouvoir et me surprendre, d’une population aimable, laborieuse et chaleureuse. Mais, en dépit de ces attraits, cette agglomération immense constitue un abri peu fiable pour nous en raison de la présence remarquée et notée de représentants de toutes sortes de puissances étranges et étrangères à notre poursuite. Hier, nous avons pris la décision de nous rendre à Bangkok par téléphérique pour éviter de rencontrer ces derniers. On pourrait donc s’attendre à ce que toutes et tous nous soyons à la recherche assidue d’un tel moyen de transport discret, bon marché et surtout peu surveillé. Eh bien non, tel n’est pas le cas.

Les trois pingouins aux lunettes roses ont soudain fait état d’un avenant à leur agrément, à savoir que la cabine future du téléphérique devait répondre aux proportions sublimes issues du nombre d’or ou de la divine proportion, celle-là même que Piero utilisait dans ses tableaux et que si cela n’était pas possible qu’il devait y avoir au minimum un lien avec la série de Fibonacci et qu’en tout cas il leur serait probablement parfaitement impossible de monter dans un véhicule ne comprenant pas à une référence même indirecte à ce nombre dont ils s’étaient tatoués la valeur, 1,618033989 sur le plumage entre les deux pattes, ce qui soit dit en passant n’est pas une chose si commune que cela.

Le grille-pain existentialiste a sombré dans une nouvelle dépression à l’évocation d’une proportion divine indiquant qu’il y avait là l’expression d’un doute affreux dans la mesure où la foi et le hasard se retrouvaient en directe confrontation, la nature ayant propension à révéler ce nombre parfois mais pas systématiquement.

Le réfrigérateur s’est lancé dans une approximation fumeuse sur l’impossibilité d’une présence divine en raison de l’absence de commisération divine pour le sort des réfrigérateurs voués aux gémonies leur vie étant achevée trop tôt de par les mauvais traitements leur étant réservé par l’humain dominant, les cas de tortures et mauvais traitements fréquents, voire le remplacement d’une génération par une autre sans autre forme de procès par élimination pure et simple sans que quelque divinité que ce soit ne se soucie des conséquences induites et que donc les pingouins pouvaient gentiment envoyer leur proportion divine où bon leur semblerait, par exemple dans le fleuve et que de toutes les façons lui répondait à une autre proportion de 1.523 et que ceci lui allait très bien.

S’en est suivie une confusion assez grande de laquelle la marmotte gracieuse, autrement nommée autruche volante, s’est démarquée en disant qu’elle ne souhaitait pas se mêler de ce qui ne la regardait pas et qu’elle préférait se pencher sur des sujets d’importance tel, par exemple, les raisons ayant motivés les agents du fisc à se préoccuper de notre situation ce qui naturellement a attiré l’attention du Yéti anarchiste qui, sublimement et stoïquement s’est arrêté dans son martellement d’un pingouin et a ajouté  en serbo-papou-portugais :  « il est vrai que je serais le plus heureux des individus si quelqu’un pouvait effectivement éclairer ma lanterne et m’indiquer pourquoi des fonctionnaires haut-de-formés me suivent pour m’extraire des taxes, impôts et rétrocessions fumeuses

L’extincteur qui fumait dans son coin, chose assez rare pour être notée, lui a alors expliqué que la fiscalité était un mal nécessaire, qu’elle permettait de financer l’ensemble des dépenses publiques, les services nombreux que l’état fournissait à sa population bienheureuse dans des domaines aussi salutaires que la santé, l’éducation, la solidarité ou la défense passive et active contre les ennemis tous ligués contre nous, que les pauvres et les hyper-riches en étaient exclus et que ces derniers se rattrapaient amèrement d’une telle discrimination en remettant face aux caméras émues du monde entier une modeste contribution aux démunis ou autres causes diverses tout en pleurant et larmoyant face à tant de générosité.

Le Yéti anarchiste ayant proclamé face aux caméras bienveillantes son intention de rejoindre la fraction minuscule mais conséquente des hyper-riches philanthropes les agents du fisc bienfaiteurs avaient probablement vérifié ses dires et ayant constaté qu’ils ne disposaient pas du minimum garanti dans des comptes vierges aux îles du même nom en avaient tiré toutes les conséquences et le cherchaient pour le remettre à sa bonne et due place. Il a conclu bizarrement « quand même faut pas charrier, chacun à sa place, tout est immuable, le ciel est bleu cristallin, nous sommes fumeux, l’ordre social doit être respecté ».

Le Yéti m’a regardé et ne comprenant pas plus après qu’avant a continué son martellement pingouinesque et je suis parti avec Maria à la recherche d’un téléphérique. Ceci n’est pas forcément pour me déplaire dans la mesure où la contemplation de ses yeux me plonge dans un océan de béatitude et me promener main dans la main dans les rues de Copenhague est un ravissement à nul autre pareil.

Le problème cependant demeure. Où sont ces satanés téléphériques reliant Copenhague à Bangkok?

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Chronique – 29


De Copenhague, de Dante, de Piero, de Maria et des téléphériques et marmottes gracieuses

Nous sommes en conciliabule dans un endroit secret de Copenhague coincé entre le marché aux fleurs et le temple au dieu allongé. Nous avons trouvé refuge dans une boutique abandonnée tant il est vrai que notre cortège finissait par attirer l’attention des danois pourtant peu enclin à trahir la moindre surprise. Avouez que deux humains, un grille-pain existentialiste, un Yéti anarchiste, un réfrigérateur colérique, un extincteur préposé à l’accueil des vies extraterrestres, trois pingouins férus de Piero della Francesca et une autruche volante dite marmotte gracieuse, qui se suivent dans un joyeux désordre, se parlant dans des langues qu’ils ne possèdent pas forcément et ne se comprennent donc qu’à moitié, cela peut susciter une forme d’intérêt ou de curiosité. C’est bien le cas.

Nous sommes donc dans ce réduit et échangeons des propos intéressés sans contrepartie si ce n’est le désir de trouver une issue favorable, une lumière à la fin du tunnel qui ne soit pas celle du grille-pain en train d’exploser, un repos de l’âme qui ne soit pas une réincarnation dans la peau d’un philanthrope désabusé, irascible et arrogant, et surtout, un chemin vers Bangkok.

Notre première désillusion a été la remarque faite par un vendeur de quatre sous, mangues, mangoustans et bananes, qui nous a rappelé en danois, langue que nous comprenons fort mal, que l’aéroport serait forcément sous surveillance des fonctionnaires du fisc à la recherche des milliards inexistants du Yéti – merci au demeurant à celui-ci pour son annonce outrancière et sans fondement autre que le plaisir de faire plaisir – et ceux des services secrets souhaitant nous incarcérés pour divulgation d’informations tronquées sur la vie des autruches volantes.

De surcroit parmi les équipements électroniques de précision installés dans ces grands halls accueillants et frémissants de plaisir et bonheur, il y a surement des machines à ultra son, des rayons x, y et téta, des scanners et probablement aussi des propulseurs de rhododendrons sauvages pouvant déceler n’importe quoi n’importe où surtout n’importe où ; Or, nos amis métalliques étant ce qu’ils sont ils risqueraient d’être importunés par des douaniers peu férus d’érudition et souhaitant leur faire enlever chaussures et ceintures, autant d’appendices qu’ils n’ont pas, imaginez donc la situation dans laquelle nous risquerions de nous trouver, notamment avec un ami réfrigérateur colérique.

Donc, pas d’aéroport, ni aérien, ni souterrain.

Maria dont la beauté m’a rompu le cou depuis peu ce qui a provoqué un début d’angine et un torticolis fort désagréable s’est exprimée et a suggéré que nous fuyons Copenhague par la mer.

Ceci n’a pas été accepté par le grille-pain qui n’est pas nageur, ce qui n’est pas forcément faux.

Le réfrigérateur a suggéré de se coucher sur le dos et accueillir tout le monde telle une nouvelle arche de Noé tout en glissant sur les eaux fécondes du fleuve mais nous avons écarté cette possibilité fort aléatoire au demeurant.

Les pingouins ont proposé de creuser un tunnel jusqu’à Arezzo pour nous réfugier dans la chapelle de Piero mais la distance les a convaincu de l’impossibilité de cette tâche d’autant plus dantesque que le fameux poète avait participé à la fameuse victoire des florentins sur ceux d’Arezzo ce qui la ficherait assez mal, soyons honnêtes. Tout cela les a fait sombrer dans une discussion érudite avec Maria et marmotte gracieuse à laquelle je n’ai pas pu, su ou voulu participer ne connaissant que peu de choses de la vie de Dante si ce n’est son amour pour Béatrice qui tire systématiquement une larme de mon œil droit, celui qui regarde en sous-main la belle Maria.

J’en ai alors profité pour discuter avec le Yéti et tous deux, en humains masculins aptes à la prise de décision nous avons pris celle qui s’imposait : puisque les cieux, les souterrains, la mer et la route nous sont interdits, nous prendrons le téléphérique pour Bangkok! Il n’y a pas d’autre solution me semble-t-il et celle-ci est tout aussi réaliste et pragmatique que n’importe quelle autre.

Qu’il en soit ainsi, que le Rubicond soit franchi et que la mer rouge, noire ou morte s’ouvre, nous arriverons à Bangkok quoi qu’il en coute et par téléphérique de surcroit ! Dont acte pour qui de droit, de fait et de joie.
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