Confusion


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décembre 12, 2015 · 7:25

Red samples


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décembre 11, 2015 · 7:50

Hanoi


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décembre 9, 2015 · 12:00

humains


§352

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décembre 7, 2015 · 7:19

MERCI


Merci de m’avoir suivi durant cette longue errance qui vient de s’achever. Merci d’avoir lu ces lignes, d’avoir suivi les pas de personnages futiles, droles ou amers, tristes ou gais, excessifs, gais ou surrééls. Merci d’avoir toléré toutes les imperfections et approximations. Merci d’avoir omis les fautes de frappe et laissé à l’imagination du narrateur prendre le dessus sur la forme. Merci pour tout.

Ce récit s’achève ainsi. A Maria de tracer le chemin. C’est ainsi que les choses ont toujours été. N’en déplaise à des armées de fantoches de toutes sortes. Elle est déjà loin là-bas, dans sa pièce blanche qui se refermera ou non sur elle et ses proches, et nous avec, et ne subsistent plus que l’écume des mots et l’écho de leur pérégrination.

Si vous avez apprécié ces lignes, merci de tout coeur. Si vous n’avez pas apprécié, merci de tout coeur également car là n’est pas le problème, une errance de ce type est similaire à celle que nous entreprenons toutes et tous, peut-être plus haute en couleur et situation anachronique ou surréaliste mais si humaine après tout, et qui s’achèvera un jour, ou  une nuit, qu’on le veuille ou non, dans une antichambre blanche aux murs se refermant sur nous.

Merci d’avoir laissé ma plume errer où bon lui semblait, de Genève à Copenhague, de Vienne à Bangkok en passant par Arezzo, la mer d’autriche et des lieux et chaos inconnus.

Un mot de votre part ici ou sur Amazon me ferait plaisir, mais une pensée également me suffira largement. Vous savoir regarder un grille-pain ou un réfrigérateur, voire un extincteur ou des pingouins, avec un soupçon d’incrédulité vous demandant si peut-être, oui peut-être, il ou elle s’exprimera sur Kirkegaard, Paint-Pétersbourg ou Piero della Francesca, me suffit largement.

Je vais dans quelque temps recommencer un nouveau texte mais je ne suis pas sur de pouvoir suivre le rythme quotidien que je me suis imposé. En attendant certains de mes livres sont disponibles sur la toile, en version électronique  – ce qui convient pour le mieux au presbyte que je suis – et comme je le fais de temps en temps, je continuerai à les mettre à dispositions gratuitement autant qu’Amazon me le permettra de le faire.

Mes photos continueront à s’égrener sur la toile. Je tiens à mes abstractions un peu dérisoires.

Pour finir, voici un texte de notre amie l’Autruche volante et trébuchante:

…un, deux, trois, ça fait sept, puis neuf et deux, moins un, tout est là, demain aussi, je crois, et croire c’est comme croître mais sans le t pourquoi cela, neuf et huit cela fait deux ou peut-être pas, demain à Saint-Pétersbourg il y aura de l’amour aussi…

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De murs qui se rapprochent et de la fin d’une errance…


De murs qui se rapprochent et de la fin d’une errance...

 

Les trois humains restent seuls dans une pièce blanche perdue dans un dédale de couloirs perpendiculaires les uns aux autres dans les entrailles d’un immeuble en forme de parallélépipède géant. La structure est complexe mais les décors quasiment inexistants. Des halls s’imbriquent les uns dans les autres et des chaînes de montage entièrement automatisées fabriquent des objets à vocation essentiellement militaire.

 

Depuis leur entrée dans ce bâtiment les trois humains n’ont rencontré que deux autres représentants de l’espèce humaine mais leur contact a été des plus sommaires.

 

Pour l’heure, ils se trouvent dans une pièce uniformément blanche, avec une table et quelques chaises sans ouverture sur l’extérieur.

 

Il n’y a pratiquement aucun son qui n’y pénètre et d’ailleurs aucun qui n’en sorte. Ils sont silencieux. L’homme au regard perplexe est assis à même le sol et fait l’inventaire des objets contenus dans la charrette qu’il tire de manière fort étrange depuis tant de temps et avec lesquels il entretient une relation particulière, similaire en quelque sorte à celle des marionnettistes, les faisant parler et leur parlant, leur donnant vie et les précipitant dans un monde réel qui devient de ce fait un simple théâtre, un renversement de valeurs qui n’est pas sans être un peu inquiétant. Il parle mais ses propos ne veulent rien dire, des phrases épisodiques succédant à des propos télégraphiques, de vagues références à Saint-Pétersbourg, au Pont Mirabeau et à la Seine. Il ressemble de manière assez étonnante à ces vagabonds d’un autre temps qui parfois errent encore dans des métropoles inhumaines  sans ne plus jamais susciter quelque réaction que ce soit.

 

Le temps s’est arrêté pour eux à une époque où les sentiments ne se monnayaient pas, c’était il y a très longtemps. Maria au regard si intense qu’il transforme celui qui l’observe en papillon de nuit ébloui et éphémère discute avec la jeune fille au manteau rouge. Les deux commentent la rencontre qu’elles viennent d’avoir avec cette représentante de la compagnie dans les viscères de laquelle ils se sont égarés mais ne savent comment faire pour réprimer cette vive impression de colère qui subsiste des heures après la fin prématurée de leur discussion.

 

Elles ressentent une sensation de malaise et mal-être qui ne fait que s’amplifier au fur et à mesure qu’elles progressent dans ces sociétés ou réalités au sein desquelles la notion d’humanité tend à disparaître. Que reste-t-il de tout cela ? se demandent-elles … un abandon à l’ivresse de la dépression pourrait les attirer si elles n’étaient de cette catégorie de femmes pour laquelle la vie est essentielle et la dignité et grandeur de l’humain intacte en dépit des atteintes répétées à son intégrité et son éthique.

 

Maria cependant ne réagit plus exactement comme elle le faisait jusqu’il y a peu. Durant cette errance sans but précis à la recherche d’un vague Nirvana, Walhalla, Olympe ou Arezzo, traversant des mondes grotesques en train de se démantibuler, se fracturer, se dissoudre sous ses yeux, elle n’a jamais eu peur, elle n’a jamais cessé d’être ce phare de béton fixée dans la mer rageuse pour l’éternité car elle savait que tout ceci n’était qu’illusion, rêve ou cauchemar.

 

Il en est autrement depuis son entrée dans ce pays de misère, de violence et d’inhumanité, cet endroit qui pourtant ressemble en tout point à celui qu’elle a quitté il y a si longtemps.

 

Les choses sont différentes.

 

Le décor est similaire à son point de départ, les gens qu’elle a quittés ressemblent à ceux qu’elle vient de retrouver, les sourires, cris ou chants sont étrangement proches, les démarches, les voix, les paroles tout se rapproche sur un fond de violence jamais égalée.

 

Et là pour la première fois, elle rejoint l’homme moribond qui l’accompagne, l’adore dans sa démence non feinte, et ne comprend pas. Elle cherche à saisir le sens de choses, des mots, de la succession d’évènements et des actes dont elle a été victime ou témoin mais n’y parvient pas. Elle voudrait évacuer cela d’un revers de la main ou de la pensée mais n’y parvient pas, car tout est étrange, irréel, à peine décalé par rapport à son monde, son humanité, sa logique, sa rationalité.

 

Et cela l’entraîne dans des mouvements qu’elle préfère ne pas percevoir, des relents de tristesse, nostalgie, colère et amertume, elle se laisse aller à sombrer dans la fatalité d’un déclin, d’une perte de valeurs et de sens, d’un vide sans contenant, sans frontières, sans limites, c’est-à-dire sans même l’espoir qu’ailleurs, au-delà de ces murs, les choses vont ou iront mieux, elle se désole de cette glissade légère, imperturbable, inéluctable, cette rupture de la logique qui est la sienne, ce franchissement de la ligne de l’ombre que maintenant elle distingue enfin.

 

Au-delà, il y a la mort, elle le sait, mais elle se met à songer que peut-être la mort est ici aussi. Quant l’espoir a disparu, qu’il n’y a plus rien que des traces d’une vie oubliée, que les valeurs positives de l’humain se sont éclipsées, alors, songe-t-elle, la fin est proche.

 

Elle regarde la jeune fille au manteau rouge qui l’a suivie jusqu’ici. Elle observe l’homme qui parle à une peluche en forme d’autruche des beautés de la Seine, de Saint-Pétersbourg, et qui la regarde avec une dose d’amour à tuer une armée de rats, et elle songe que son chemin est maintenant achevé. A partir de maintenant, il pourrait n’y avoir qu’une route circulaire, un chemin sans début ni fin, sans départ ni arrivée et elle se demande pourquoi et comment elle pourrait encore se convaincre à avancer.

 

Elle lève les yeux et regarde les murs.

 

Elle a noté un léger changement dans son environnement immédiat, un soufflement ou chuintement qui vient de se produire, et cherche son origine.

 

Ses amis n’ont rien vu, n’ont rien entendu, rien remarquer.

 

Elle se lève, fait le tour de la table regarde autour d’elle, scrute les murs et le sol et finit par comprendre : la pièce rétrécit, les murs se rapprochent les uns des autres, le plafond se rabat sur eux, insensiblement, lentement, délicatement.

 

Ils sont pris au piège. La porte qu’ils ont emprunté pour pénétrer dans cet endroit a disparu dans le mur. La table s’affaisse elle aussi lentement dans le sol. Les chaises ont disparu aussi rapidement et facilement qu’elles étaient apparues. Le piège se referme sur eux.

 

Elle regarde tout ceci. Elle a compris ce qui est en train de se produire et à ce moment précis et pour la première fois elle doute. Elle se demande si le combat vaut encore la peine, si les éléments vont laisser comme à chaque fois depuis le début de cette errance des décalages se produire et des issues s’ouvrir dans les ténèbres et cendres de leur espoir.

 

La réponse est en elle.

 

Elle a le choix… Se lever et se diriger vers cette sortie, pour autant qu’il y en ait une. Ou alors, s’arrêter, se poser, s’asseoir à côté de l’homme qui parle aux objets et la jeune fille qui la regarde avec circonspection.

 

Le choix est le sien.

 

Elle doit avoir encore ce sursaut d’énergie qui fait avancer l’humanité en dépit de tout ce qui lui est arrivée depuis qu’il y sept ou millions d’années Lucy s’est levée et est allée chasser dans une savane africaine oubliée.

 

Elle doit y croire.

 

Elle doit se persuader que demain pourrait ne pas être pire qu’aujourd’hui, que le tunnel quelque part là bas s’achève et la lumière y inonde le monde. Le choix est le sien. Les murs se rapprochent les uns des autres. Le souffle est profond.

 

L’homme et la jeune fille au manteau rouge la regardent. Elle les regarde. La table s’est complètement effacée dans le sol. Ne demeure qu’un quadrilatère blanc de plus en plus étroit.

 

Le choix est le sien.

 

C’est à elle que revient de pousser ou non la porte qui peut-être quelque part dans cet univers blanc s’ouvre sur un paysage de mer ou de montagne.

 

Le choix est le sien, il l’a toujours été …

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D’un entretien qui ne se déroule pas exactement comme on s’y attendait…


D’un entretien qui ne se déroule pas exactement comme on s’y attendait…

 

Les trois humains se trouvent dans une pièce quadrilatère blanche meublée d’une table carrée et de chaises, blanches elles aussi, il n’y a rien d’autre, la lumière est diffusée de manière indirecte par la phosphorescence des murs et des objets.

 

Une femme est assise en face d’eux et leur précise qu’elle ne dispose que de quelques minutes tout au plus pour les entendre. Elle leur rappelle que toutes les propositions faites doivent répondre aux critères définis dans une circulaire de type xwc/4 mais dans ses versions impaires seulement. Elle ajoute que la compagnie dont elle est l’une des dirigeantes subalternes de catégorie trois est prête à envisager toutes les formes de coopération imaginable pour autant qu’une relation inversement proportionnelle puisse être établie entre les gains potentiels et les frais envisagés. Des développements novateurs sont possibles tels que jeux à haute valeur ajoutée et forte impression médiatique, conflits localisés en milieux densément urbanisés ou large distribution de produits porteurs et diversifiés parmi les éléments les plus jeunes de la société.

 

Elle se tait. Le silence s’installe. Elle ne les regarde pas.

 

Ses yeux fixent un écran placé très exactement devant elle, ce qui empêche les trois humains de distinguer son visage avec précision. Des listes chiffrées, des références de matériels divers, des cartes géographiques coloriées se succèdent tandis que le silence se diffuse.

 

Maria au regard naturellement fort perçant est circonspecte, plus que perplexe. Elle se racle la gorge puis demande avec une timidité qui ne lui est pas habituelle plus de précisions sur le potentiel de croissance qu’elle discerne et sur la contribution envisagée de la part du groupe qu’elle représente.

 

La dirigeante subalterne ne détourne pas son regard de l’écran et précise d’une voix monotone et d’un ton saccadé: conflits internes de toute catégorie, guerres civiles à fort potentiel de dégénérescence, conflits larvés entre deux ou plusieurs nations pour autant que la possibilité de transformation en conflit ouvert est tangible, conflits ouverts mais croissants en intensité, conflits régionaux avec implications externes fortes sans recours à des moyens de règlements pacifiques des différends.

 

Maria ne sait que dire, ni que proposer. Le silence devient intense et gênant.

 

La dirigeante subalterne lève son regard vers elle et lui demande ce qu’il en est, elle rappelle ne pas avoir beaucoup de temps à leur consacrer et que des conglomérats chimiques, sidérurgiques, pétroliers, agroalimentaires, miniers ou autres sont légions et attendent parfois des mois avant d’obtenir un entretien de cette nature et que lorsque celui-ci est enfin organisé elles font preuve d’innovation dans la gestion des dérivés conflictuels de toutes natures.

 

La jeune fille au manteau rouge prend la parole, elle parle des populations locales du pays d’où elle provient, elle souligne leur labeur et les soubresauts calamiteux dont ils ont été les témoins, sujets et victimes au cours des dernières décennies et indique qu’il est plus que temps que les soutiens extérieurs aillent non plus là où les ressources se trouvent et la puissance se cache mais dans les projets durables, les infrastructures pouvant assurer un niveau de vie suffisant à la majorité de ses concitoyens, des hôpitaux, des écoles, des marchés, des routes, des gares, des entrepôts, des hospices et tout autre équipement permettant de soutenir ensuite la production de biens et d’équipements et l’enrichissement de la société dans son ensemble.

 

La responsable subalterne hausse les épaules et demande de quel pays il s’agit, puis se reprenant avec une forme d’impatience légèrement retenue, rappelle que ce qui compte c’est l’épanouissement des désirs et plaisirs humains, que toute vie se terminant au même endroit, dans un vide absolue et sans fin, le chemin y conduisant devait être aménagé pour satisfaire aux souhaits des gouvernants des premières catégories, que l’humain ne cherchait jamais autre chose que le plaisir ou la survie par peur de la mort et que si l’on ne pouvait lui donner l’un ou l’autre, le dernier suffisait et qu’il serait hypocrite de laisser la souffrance se perpétuer lorsque la possibilité existait d’assurer à chacune et chacun un plaisir même éphémère, que l’essentiel était d’assurer une telle ivresse passagère à tous, chacun selon ses capacités, une heure, une journée, un mois, une année ou une vie, que la durée n’avait en fait qu’un importance limitée dans la mesure où au bout du compte toutes et tous finiraient par se décomposer en compost salvateur pour la gente végétale, et que si ces explications étaient jugées utiles il serait opportun de décrire (i) le pays en question, (ii) les ressources disponibles, (iii) la propension des autochtones à sombrer dans la violence, les revendications sociales ou similaires, la capacité de résistance et le niveau d’obéissance aux ordres des élites (iv) la composition ethnique de la société, (v) la nature des conglomérats industrio-humanitaires présents, (v) le degré d’épanouissement, corruptibilité, et éducation des élites, (v) les ressources présentement distribuées auxdites élites et la marge de progression disponible en rapport avec la proportion des sommes détournées mises à la disposition des individus de catégories dix ou supérieure.

 

Le silence reprend, s’étend, se prolonge et se propage.

 

Elle regarde à nouveau son écran.

 

La jeune fille est choquée mais ne dit plus rien. Maria au regard habituellement si intense se terre dans une apathie atypique.

 

L’homme hagard se lève, arrange les différents objets hétéroclites dans sa charrette que pour une raison ou une autre il continue de tirer derrière lui et annonce à la responsable subalterne que l’entretien était terminée, qu’ils étaient désolés d’avoir abusé de son temps, que le pays d’où ils provenaient se trouvaient dans les profondeurs de la Mer d’Autriche et que la ressource principale disponible était une eau vaguement salée et inexploitable, que la population locale était composée en majorité de poissons et crustacés et que les rares humains qui s’y aventuraient appartenaient à la race des pêcheurs étrangers, qu’en conséquence de quoi même s’il était envisageable de corrompre les oursins ceci ne pouvait qu’être un projet à long terme peu conciliable avec les intérêts de l’entreprise dont il s’agissait.

 

Le silence s’établit à nouveau, cristallin et léger.

 

La femme consulte son écran puis se lève, les salue brièvement, et ferme la porte derrière elle.

 

Ils se retrouvent seuls. Il n’y a plus d’autre son que celui de leur respiration.

 

Les regards des uns et des autres sont rougis par la honte, la peur, l’épuisement mais ceci ne laisse pas de trace autre que morale et intérieure.

 

Les objets autour d’eux sont blancs, immaculés, purs, l’image de la perfection dans un monde sans aspérité aucune.

§533

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