Chronique – 33


De la poésie des autruches, de Copenhague et Vienne, de la fin des téléphériques souterrains et de l’avènement du saute-mouton comme principe de déplacement euphorique et efficace  

Chaque jour est un autre jour, et chaque autre jour se rajoute au précédent pour former un tout uniforme et blanc, voire gris-vert suivant les saisons. Tel est en substance ce que l’autruche volante nous a indiqué ce matin. Nous la découvrons poète ce qui est une belle chose.

Elle s’est mise à papoter et chantonner divers airs humés en altitude là où, dit-elle, on voit le monde plus beau qu’il n’est et surtout plus mélancolique. Elle a évoqué les vents mauvais et les bons aussi, ceux qui portent et ceux qui froissent les esprits chagrins, les vents d’est et les vents d’ailleurs, les vents tristes et les vents gais. Je ne savais pas qu’il y en a autant.

Surtout, elle s’est grattée la tête et en nous jetant une sorte de sort nous a mis la puce à l’oreille, à savoir que peut-être nous pourrions ne pas être à Copenhague, une chose qui ne m’a particulièrement surpris n’ayant pas trouvé de sandwichs ouverts succulents répondant au joli nom de smorrebrod sur les étals. Les plats au curry, le fleuve, la température chaude, la gentillesse et douceur des passants, le curry dans les plats, les mangoustans, mangues, papayes et litchi, les temples et pagodes, les bouddhas assis ou couchés, bref tout cela faisait un peu désordre au Danemark.

J’ai donc été rassuré de l’affirmation autruchienne selon laquelle nous n’étions pas à Copenhague du tout, pas le moins du monde, même pas en dessous du moins, encore plus bas que la norme pascalienne en vigueur, plus petitement que les doigts de fées des mers du nord ou les pieds assis de Corinthe, non nous ne sommes pas au Danemark, n’en déplaise à Hamlet et son copain Shakespeare, on est loin du compte, de l’assiette et du Jutland.

Le grille-pain qui se remet de ses émotions ne s’est pas affolé et sous médication intense consistant en un regard de Maria par demi-heure il a simplement hoché la tête langoureusement et s’est prostré sur les genoux de son divin médecin. S’il n’était aussi dépressif j’en serais presque jaloux. Cette perspective au demeurant m’est un peu désagréable car comment pourrais-je avouer à quelque médecin, psychiatre, psychanalyste, psychodramaturge que ce soit que je suis jaloux d’un grille-pain ?

Autant leur annoncer que le monde tourne dorénavant du nord au sud, que les caïmans montent aux arbres et que les humains s’aiment. Bizarre que ce monde où nous vivons.

En tout cas, pour en revenir à cela, nous ne sommes pas à Copenhague mais bel et bien en Autriche, foi d’autruche et marmotte gracile et cieuse. C’est un fait et nul ne le contestera, le pays des téléphériques, des montagnes et de la valse, de la tarte Sacher, autant de choses que nous n’avons pas encore vu mais qui dans ce monde où l’évidence est toujours cachée et l’hypocrisie, le cynisme et le machiavélisme règnent sans partage, c’est une preuve de plus de la justesse de l’autruche volante.

Le Yéti anarchiste s’est bien avancé à faire remarquer qu’après tout nous n’avions aucune preuve tangible d’être à Copenhague et que donc, suivant ce raisonnement autruchien fort habile, nous pourrions aussi bien nous trouver dans cette ville-là. Cependant, tout le monde en ayant plus qu’assez de trouver un téléphérique reliant Copenhague à Bangkok les arguments Yétiesques ont été balayés d’un revers de la main, du câble électrique, du tuyau, des lunettes roses et de la porte, respectivement.

Nous sommes donc à Vienne.

Reste à quitter ce lieu pour nous rendre à Bangkok et de trouver un chemin aisé, non surveillé et rapide pour la cité de nos rêves, là où nous ne serons plus poursuivis par des quémandeurs de toute catégorie nous enjoignant ce qui de droit, de fait ou d’ailleurs, ne nous regarde pas, ne nous concerne pas et ne nous intéresse pas.

L’autruche volante nous a ensuite soumis une idée à toutes fins ou débuts utiles, à savoir que rejoindre Bangkok pourrait se faire en sautant de montagne en montagne par l’intermédiaire de moutons coopératifs. Il est évident qu’aucun magistrat digne de ce nom ne pourrait simplement envisager que des fuyards quittent un pays en saute-mouton et c’est la raison pour laquelle cette idée nous a beaucoup plu. Elle est par ailleurs d’exécution assez simple : Il suffit de trouver des moutons coopératifs de les conduire au sommet des montagnes autrichiennes et de sauter au-dessus des uns puis des autres.

Tout cela fait sens, n’est-ce pas ? En tout cas, nous progressons à grands pas vers une solution pragmatique, réaliste et pratique. L’air autrichien nous convient bien et les sourires autruchiens volants nous conviennent bien.

Je vous livre son dernier aphorisme : il n’est pas pire autruche que celle qui soigne les dents des gens pour de l’argent.

Je ne suis pas sûr d’avoir saisi la subtilité de la chose, mais vous souhaite une belle et bonne soirée.

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Chronique – 32


De la tentative de suicide d’un grille-pain existentialiste, d’Innocent III, de l’inquisition et des téléphériques souterrains    

Ce matin les évènements ont pris un tour dramatique. Le grille-pain a tenté de se suicider en se pendant à son fil électrique depuis la fenêtre du rez-de-chaussée. Nous l’avons décroché juste à temps mais sans avoir pu éviter une coupure de courant généralisée dans le nord et l’ouest de l’agglomération danoise. Son regard était affreusement triste et nous avons essayé de comprendre les circonstances ayant entraîné cette tragédie.

Maria lui a parlé avec sa voix suave et d’une grande tendresse, avec son accent à nulle autre pareil et son regard qui ferait fondre la lune et dont je pense qu’il est à lui seul responsable de la transformation en statues de sel de millions d’individus masculins ou féminins tout juste bon à répondre par oui ou par non aux questions qu’on leur pose, une aptitude limitée par l’éblouissement ressenti en ayant eu accès une fois dans leur vie à cette beauté suprême. Elle lui a parlé et a tenté de comprendre l’incompréhensible, pourquoi le grille-pain kierkegaardien avait ainsi essayé de mettre fin à ses jours et ses nuits, tout cela durant notre pérégrination danoise à la recherche du téléphérique dorénavant mythique reliant Copenhague à Bangkok.

De fait, Maria, l’extincteur et moi étions partis le long du fleuve puis vers l’ancienne capitale plus au nord comprenant des centaines de temples et palais en ruine d’une étrange et fascinante beauté.

Les trois pingouins aux lunettes roses, nous l’avons appris plus tard, avaient sillonné les égouts à la recherche dudit téléphérique. Interrogés sur les raisons de cette recherche souterraine ils nous ont ultérieurement répondu que les autorités et services secrets  avaient probablement décidé de camoufler ledit engin de transport et quel meilleur endroit pour ce faire que le cacher à la vue de tous et toutes en l’enfouissant sous terre. J’ai essayé, mais sans succès, de leur montrer la singularité évidente que représenterait un téléphérique souterrain mais ils n’ont pas daigné écouter mes arguments et se sont contentés de me renvoyer à la lecture de Wikileaks dans quelques années. Je n’ai rien dit d’autant qu’à ce moment particulier Maria m’a souri ce qui a fait fondre la moitié de ma tête et le haut de mon torse exigeant par là même l’intervention immédiate du réfrigérateur et de l’extincteur qui ont mis le tout dans la partie la plus froide du premier nommé après avoir utilisé les brumes étincelantes du second.

Bref, les circonstances de la tentative de suicide m’ont été ultérieurement rapportées par la marmotte gracieuse, c’est-à-dire l’autruche volante, qui a écouté le tout depuis le toit de tôle où elle a installé son nid depuis peu.

Or donc, ce matin, en l’absence de presque toute la corporation des co-auteurs de cette chronique dûment enregistrés auprès des autorités libres et bienfaisantes du pays hôte toutes entières tournées vers le bien-être des fidèles danois et autres affiliés propres et sereins, bénis par la chance et le devoir d’intégrité, ne sont restés en ces lieux faussement paisibles que ledit grille-pain, le Yéti anarchiste et le réfrigérateur.

Le Yéti s’est alors lancé dans une des trop fameuses élucubrations indiquant qu’il était candidat à l’investiture papale, qu’il disposait de toutes les chances à cet égard et que s’il était nommé il s’appellerait Coupable III en référence à Innocent III. Le réfrigérateur lui a fait remarquer fort justement que la place n’était pas à prendre et que même si elle devait l’être il ne faisait pas partie du collège des cardinaux et que de surcroît il y avait fort peu de chances qu’une génération spontanée de jurisconsultes chrétiens choisissent un énergumène anarchiste et athée de surcroît.

« Pourquoi serait-ce un problème ? » A-t-il demandé naïvement « l’important c’est la robe et je dois admettre que me déguiser en mauve ou or ce serait sympa en plus j’édicterai tellement de décrets papal que cela donnerait le tournis à tous y compris les derviches du même nom. » Les deux ont continué a deviser ainsi pendant un certain temps le réfrigérateur finissant par dire que lui-même ferait un bon pape dans la mesure où il avait l’habitude de congeler les foules et réfrigérer les passions les plus ardentes ce qui à son tour à conduit le Yéti à évoquer avec force et fureur l’inquisition, les tortures et autres gracieuseté des temps passés.

Le grille-pain se serait alors senti particulièrement visé comprenant dans ses viscères des grilles brûlantes servant comme chacun peut l’imaginer à toaster les pains et brûler les doigts de ceux ou celles qui comme moi tentent de sortir les morceaux coincés à l’intérieur sans précaution particulière. Il aurait indiqué qu’il regrettait au nom de tous les siens le mal qui avait pu être fait, qu’il portait ses grilles comme une croix, qu’il était peiné des brûlures et marques infligées de par son fait et de celui de ses prédécesseurs, qu’il pleurait les victimes des horreurs perpétrées par le passe et ainsi de suite.

Ses lamentations devenant insupportables pour le Yéti habitué au calme de ses montagnes, il lui a fait observer que l’inquisition était née sous Innocent III dans sa croisade contre les cathares, qu’il avait fait brûler tous ceux et celles qui ne croyaient pas comme lui mais qu’à cette époque les grille-pains n’existaient pas, qu’il n’était donc responsable de rien du tout et qu’il ferait bien de se taire pour que le silence puisse pénétrer le logis et imprégner toute chose et tout objet.

Mais ceci n’a pas calmé le grille-pain qui s’est référé à Darwin et Lamarque et a demandé de qui lui le grille-pain descendait. Le réfrigérateur et le Yéti anarchiste étant à ce moment-là fort peu enclin à la discussion ils ont répondu respectivement : « vu ta morphologie je dirai un gros rat et une brique chaude. »

Le grille-pain a encaissé cette nouvelle avec larmes, cris et nouvelles lamentations ce qui a poussé les deux compères a quitter les lieux non sans avoir claqué la porte et proclamé qu’ils étaient devenues créationnistes et que le grille-pain était ainsi le premier exemplaire autoproclamé de générations spontanée démontrant clairement aux yeux de toutes et tous l’absurdité de Darwin et ses congénères.

Le grille-pain n’ayant alors comme perspective que de descendre d’un rat ou d’une brique chaude et persuadé d’avoir provoqué la résurgence d’une forme de négationnisme et révisionnisme a tenté de se pendre sur le champ.

Soyez rassurés, il se remet dans les doux bras de Maria qui lui chante une comptine qu’elle vient d’imaginer sur les amours d’un grille-pain et d’une alouette dans le charmant pays du Walhalla.

Tout est ainsi rentré dans l’ordre, on m’a remis la moitié de ma tête et de ma poitrine en place et j’écris ces lignes en contemplant la douce silhouette de Maria chantant sa complainte. Je suis béat et béni.

Que le Walhalla m’avale tout cru, je m’en fiche, j’ai déjà vu une déesse et pour autant que le Yéti cesse d’hurler au dehors que dorénavant on l’appelle Coupable III je pourrais peut-être m’endormir sur cette douce pensée.

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Chronique – 31


De Platon, d’Henri IV, de la révolution et de la recherche oppressante d’un téléphérique  

 

Notre situation est une fois de plus alarmante. Notre quête d’un téléphérique reliant Copenhague à Bangkok est au point mort et au lieu de pouvoir consacrer un temps conséquent à ce préalable nécessaire à notre fuite, nous faisons face à de nouvelles dissensions et des menaces extérieures de plus en plus fortes.

Coincés dans notre petite bourlingue danoise entre le marché aux fleurs et le temple du bouddha incliné, j’imagine à quelques encablures de la petite sirène tirée de ce bon, brave et vieux Andersen, nous nous chamaillons sans cesse. Probablement est-ce le fait d’une promiscuité bien trop importante mais il demeure que les relations entre les pingouins à lunettes roses et mes autres amis laissent de plus en plus à désirer.

Ce matin, par exemple, tout a commencé lorsque les pingouins ont longuement observé l’autruche volante qui écoutait avec un délice évident les balbutiements du climatiseur avant de noter que s’il fallait en croire Platon et la corrélation qu’il avait établi entre la musique ou sons écoutés et le caractère et la valeur intrinsèque d’un individu il serait judicieux d’envoyer ladite autruche à la casse, ce qui vous l’imaginez n’a pas le moins du monde détendu l’atmosphère.

A peine Maria est-elle parvenue à détendre l’atmosphère qu’ils s’en sont pris au grille-pain en lui disant qu’entre Kierkegaard et Honegger il n’y avait qu’un « g » mais qu’aucune telle lettre ne figurait dans le saint nom de Piero della Francesca, ce qui à mon sens ne voulait pas dire grand-chose, mais a provoqué de violents larmoiements de notre ami si sensible et une éruption concomitante de violence du Yéti et de colère du réfrigérateur. Maria à calmé son petit monde en chantonnant une chanson de Prévert et tout est rentré dans l’ordre pour un temps.

Plus sérieusement, nous avons été informé par des voisins de passage venus nous amené quelques circuits électriques et des fruits pour notre déjeuner que l’on venait de retrouver la tête d’Henri IV ce qui a laissé tout le monde de marbre sauf le réfrigérateur qui a hurlé et clamé son innocence, a sauté sur place quelques minutes et menacé de se jeter par la fenêtre du rez-de-chaussée où nous trouvons si nous le dénoncions. Je lui ai fait remarquer que d’après les informations que nous possédions nul ne semblait avoir émis le moindre doute quant à notre éventuelle responsabilité et plus encore que les détails de cette importante affaire qui avait occupé en son temps et  fort justement une place centrale dans les médias du monde entier ne mentionnait pas une recherche quelconque encore moins un mandat d’amener, rapporter, rejeter ou délaisser de quelque ordre que ce soit.

Mais ceci n’a pas calmé notre ami. Il s’est emporté furieusement, a indiqué que lors de la révolution des fruits et légumes dont j’ai parlé dans ces chroniques (NDLR publicité intempestive interdite par les termes explicites, implicites et cites de la loi 345 cbh / xx du 33 juin 2009 et susceptible de valoir à son auteur une récrimination affranchie de type B solennelle et plus si accord des autorités vigilantes, aimables et chéries) des incidents gaves avaient été répertoriés, que des actes indescriptibles avaient été enregistrés et que lui ne répondrait de rien même en cas de torture sauf en cas de chatouilles de degrés élevés incompatibles avec son complexe de réfrigération.

Le Yéti, évidemment, a sursauté à l’évocation du mot de révolution et s’est précipité vers la rue en hurlant ce mot à maintes reprises ce qui heureusement n’a eu aucune conséquence grave puisque son évocation en serbo-portugais-papou a laissé tous les marchands de marbre sauf un qui pensait que notre compagnon souhaitait disposer rapidement d’un collier de chrysanthèmes. Je ne sais pas si cette personne était bien ou mal intentionnée mais il reste qu’elle a pris des notes sur un calepin et est partie à grande vitesse peut-être pour nous dénoncer pour quelque crime de lèse-majesté à l’encontre de la monarchie danoise ou pour poster ceci sur Wikileaks voire avouer notre rôle dans la propagation d’informations secrètes sur la migration des autruches volantes. Allez savoir. Je ne peux que partager avec vous ce stress qui s’étend en mon être intérieur face à l’accumulation des menaces et le poids des responsabilités tel un assemblage de poupées danoises.

Je ne peux même pas dire que mon sang se glace à l’évocation des périls qui nous guettent puisque ceci pourrait avoir des répercussions indescriptibles sur la santé mentale de mon réfrigérateur.

Il ne reste qu’un seul impératif : découvrir ce fichu téléphérique le plus rapidement et efficacement que possible. Il doit bien exister quelque part, n’est-ce pas ?

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Chronique – 30


De Piero, de Dante, de Fibonacci, des téléphériques et d’une bagarre mémorable

Je dois admettre que parfois il m’est difficile de conserver un semblant de calme face au comportement de mes compagnons. Qu’on en juge.

Nous sommes toujours dans cette belle et douce ville de Copenhague, bénéficiant d’un microclimat très sain, d’une végétation riche et foisonnante, souvent d’inspiration tropicale ce qui ne cesse de m’émouvoir et me surprendre, d’une population aimable, laborieuse et chaleureuse. Mais, en dépit de ces attraits, cette agglomération immense constitue un abri peu fiable pour nous en raison de la présence remarquée et notée de représentants de toutes sortes de puissances étranges et étrangères à notre poursuite. Hier, nous avons pris la décision de nous rendre à Bangkok par téléphérique pour éviter de rencontrer ces derniers. On pourrait donc s’attendre à ce que toutes et tous nous soyons à la recherche assidue d’un tel moyen de transport discret, bon marché et surtout peu surveillé. Eh bien non, tel n’est pas le cas.

Les trois pingouins aux lunettes roses ont soudain fait état d’un avenant à leur agrément, à savoir que la cabine future du téléphérique devait répondre aux proportions sublimes issues du nombre d’or ou de la divine proportion, celle-là même que Piero utilisait dans ses tableaux et que si cela n’était pas possible qu’il devait y avoir au minimum un lien avec la série de Fibonacci et qu’en tout cas il leur serait probablement parfaitement impossible de monter dans un véhicule ne comprenant pas à une référence même indirecte à ce nombre dont ils s’étaient tatoués la valeur, 1,618033989 sur le plumage entre les deux pattes, ce qui soit dit en passant n’est pas une chose si commune que cela.

Le grille-pain existentialiste a sombré dans une nouvelle dépression à l’évocation d’une proportion divine indiquant qu’il y avait là l’expression d’un doute affreux dans la mesure où la foi et le hasard se retrouvaient en directe confrontation, la nature ayant propension à révéler ce nombre parfois mais pas systématiquement.

Le réfrigérateur s’est lancé dans une approximation fumeuse sur l’impossibilité d’une présence divine en raison de l’absence de commisération divine pour le sort des réfrigérateurs voués aux gémonies leur vie étant achevée trop tôt de par les mauvais traitements leur étant réservé par l’humain dominant, les cas de tortures et mauvais traitements fréquents, voire le remplacement d’une génération par une autre sans autre forme de procès par élimination pure et simple sans que quelque divinité que ce soit ne se soucie des conséquences induites et que donc les pingouins pouvaient gentiment envoyer leur proportion divine où bon leur semblerait, par exemple dans le fleuve et que de toutes les façons lui répondait à une autre proportion de 1.523 et que ceci lui allait très bien.

S’en est suivie une confusion assez grande de laquelle la marmotte gracieuse, autrement nommée autruche volante, s’est démarquée en disant qu’elle ne souhaitait pas se mêler de ce qui ne la regardait pas et qu’elle préférait se pencher sur des sujets d’importance tel, par exemple, les raisons ayant motivés les agents du fisc à se préoccuper de notre situation ce qui naturellement a attiré l’attention du Yéti anarchiste qui, sublimement et stoïquement s’est arrêté dans son martellement d’un pingouin et a ajouté  en serbo-papou-portugais :  « il est vrai que je serais le plus heureux des individus si quelqu’un pouvait effectivement éclairer ma lanterne et m’indiquer pourquoi des fonctionnaires haut-de-formés me suivent pour m’extraire des taxes, impôts et rétrocessions fumeuses

L’extincteur qui fumait dans son coin, chose assez rare pour être notée, lui a alors expliqué que la fiscalité était un mal nécessaire, qu’elle permettait de financer l’ensemble des dépenses publiques, les services nombreux que l’état fournissait à sa population bienheureuse dans des domaines aussi salutaires que la santé, l’éducation, la solidarité ou la défense passive et active contre les ennemis tous ligués contre nous, que les pauvres et les hyper-riches en étaient exclus et que ces derniers se rattrapaient amèrement d’une telle discrimination en remettant face aux caméras émues du monde entier une modeste contribution aux démunis ou autres causes diverses tout en pleurant et larmoyant face à tant de générosité.

Le Yéti anarchiste ayant proclamé face aux caméras bienveillantes son intention de rejoindre la fraction minuscule mais conséquente des hyper-riches philanthropes les agents du fisc bienfaiteurs avaient probablement vérifié ses dires et ayant constaté qu’ils ne disposaient pas du minimum garanti dans des comptes vierges aux îles du même nom en avaient tiré toutes les conséquences et le cherchaient pour le remettre à sa bonne et due place. Il a conclu bizarrement « quand même faut pas charrier, chacun à sa place, tout est immuable, le ciel est bleu cristallin, nous sommes fumeux, l’ordre social doit être respecté ».

Le Yéti m’a regardé et ne comprenant pas plus après qu’avant a continué son martellement pingouinesque et je suis parti avec Maria à la recherche d’un téléphérique. Ceci n’est pas forcément pour me déplaire dans la mesure où la contemplation de ses yeux me plonge dans un océan de béatitude et me promener main dans la main dans les rues de Copenhague est un ravissement à nul autre pareil.

Le problème cependant demeure. Où sont ces satanés téléphériques reliant Copenhague à Bangkok?

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Chronique – 29


De Copenhague, de Dante, de Piero, de Maria et des téléphériques et marmottes gracieuses

Nous sommes en conciliabule dans un endroit secret de Copenhague coincé entre le marché aux fleurs et le temple au dieu allongé. Nous avons trouvé refuge dans une boutique abandonnée tant il est vrai que notre cortège finissait par attirer l’attention des danois pourtant peu enclin à trahir la moindre surprise. Avouez que deux humains, un grille-pain existentialiste, un Yéti anarchiste, un réfrigérateur colérique, un extincteur préposé à l’accueil des vies extraterrestres, trois pingouins férus de Piero della Francesca et une autruche volante dite marmotte gracieuse, qui se suivent dans un joyeux désordre, se parlant dans des langues qu’ils ne possèdent pas forcément et ne se comprennent donc qu’à moitié, cela peut susciter une forme d’intérêt ou de curiosité. C’est bien le cas.

Nous sommes donc dans ce réduit et échangeons des propos intéressés sans contrepartie si ce n’est le désir de trouver une issue favorable, une lumière à la fin du tunnel qui ne soit pas celle du grille-pain en train d’exploser, un repos de l’âme qui ne soit pas une réincarnation dans la peau d’un philanthrope désabusé, irascible et arrogant, et surtout, un chemin vers Bangkok.

Notre première désillusion a été la remarque faite par un vendeur de quatre sous, mangues, mangoustans et bananes, qui nous a rappelé en danois, langue que nous comprenons fort mal, que l’aéroport serait forcément sous surveillance des fonctionnaires du fisc à la recherche des milliards inexistants du Yéti – merci au demeurant à celui-ci pour son annonce outrancière et sans fondement autre que le plaisir de faire plaisir – et ceux des services secrets souhaitant nous incarcérés pour divulgation d’informations tronquées sur la vie des autruches volantes.

De surcroit parmi les équipements électroniques de précision installés dans ces grands halls accueillants et frémissants de plaisir et bonheur, il y a surement des machines à ultra son, des rayons x, y et téta, des scanners et probablement aussi des propulseurs de rhododendrons sauvages pouvant déceler n’importe quoi n’importe où surtout n’importe où ; Or, nos amis métalliques étant ce qu’ils sont ils risqueraient d’être importunés par des douaniers peu férus d’érudition et souhaitant leur faire enlever chaussures et ceintures, autant d’appendices qu’ils n’ont pas, imaginez donc la situation dans laquelle nous risquerions de nous trouver, notamment avec un ami réfrigérateur colérique.

Donc, pas d’aéroport, ni aérien, ni souterrain.

Maria dont la beauté m’a rompu le cou depuis peu ce qui a provoqué un début d’angine et un torticolis fort désagréable s’est exprimée et a suggéré que nous fuyons Copenhague par la mer.

Ceci n’a pas été accepté par le grille-pain qui n’est pas nageur, ce qui n’est pas forcément faux.

Le réfrigérateur a suggéré de se coucher sur le dos et accueillir tout le monde telle une nouvelle arche de Noé tout en glissant sur les eaux fécondes du fleuve mais nous avons écarté cette possibilité fort aléatoire au demeurant.

Les pingouins ont proposé de creuser un tunnel jusqu’à Arezzo pour nous réfugier dans la chapelle de Piero mais la distance les a convaincu de l’impossibilité de cette tâche d’autant plus dantesque que le fameux poète avait participé à la fameuse victoire des florentins sur ceux d’Arezzo ce qui la ficherait assez mal, soyons honnêtes. Tout cela les a fait sombrer dans une discussion érudite avec Maria et marmotte gracieuse à laquelle je n’ai pas pu, su ou voulu participer ne connaissant que peu de choses de la vie de Dante si ce n’est son amour pour Béatrice qui tire systématiquement une larme de mon œil droit, celui qui regarde en sous-main la belle Maria.

J’en ai alors profité pour discuter avec le Yéti et tous deux, en humains masculins aptes à la prise de décision nous avons pris celle qui s’imposait : puisque les cieux, les souterrains, la mer et la route nous sont interdits, nous prendrons le téléphérique pour Bangkok! Il n’y a pas d’autre solution me semble-t-il et celle-ci est tout aussi réaliste et pragmatique que n’importe quelle autre.

Qu’il en soit ainsi, que le Rubicond soit franchi et que la mer rouge, noire ou morte s’ouvre, nous arriverons à Bangkok quoi qu’il en coute et par téléphérique de surcroit ! Dont acte pour qui de droit, de fait et de joie.
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Chronique – 28


De la philanthropie, du fisc, des autruches volantes et des marmottes gracieuses

Avant de prendre le taxi pour l’aéroport de Copenhague et voler en direction de Bangkok nous avons profité des quelques heures libres que nous avions pour déambuler dans les allées bouillonnantes de vie, nous inspirer du marché aux fleurs, humer les parfums profiter des sonorités, apprécier les temples dorés et nous réjouir du spectacle de la rue et du fleuve.

Près d’un temple danois typique érigé en l’honneur d’une divinité inconnue à douze bras où une foule compacte se dirigeait en rangs serrés avec colonnes de fleurs et bâtonnets d’encens fumant et pas trébuchant pour un sou nous avons été interpellés par de sinistres individus. Il s’agissait de trois humains mâles d’environ 47 à 56 ans, glabres, de taille moyenne mais pas trop ni trop peu, portant hauts de forme, costumes de soirées, plastrons blancs, et chaussures jaunes et rouges avec lacets mauves et brillants. Ils étaient entassés dans un tricycle motorisé typiquement danois que l’on appelle ici schtouckschoutck et sur la toile cirée servant de plafond de laquelle on avait saucissonné une autruche visiblement volante.

Ces individus se sont adressés au Yéti anarchiste dans un premier temps puis à moi dans un second, temps aussi, très beau par ailleurs. Voici ce qu’ils nous ont dit en danois traduit automatiquement en français, papou et anglais par l’intermédiaire de deux portables qu’ils portaient dans une cage métallique prévue à cet effet :

« Par les pouvoirs qui nous ont été conférés par la loi majeure de protection des droits des poissons, des humains et des autres sans distinction aucune si ce n’est celle du pouvoir et de ce qui ne se dévoile que prudemment, nous tenons à vous signifier un attendu qui ne s’attend pas et ne s’entend que comme une admonestation à payer sur le champs les 99 pour cent d’imposition sur les sommes non déclarées au titre d’une contribution humanitaire d’un Yéti anarchiste qui s’est enrichi par des biais probablement licencieux et s’est épanché dans les médias pas forcément libres, objectifs et généreux ce que l’avenir et Wikileaks prouveront en temps utile et opportun en annonçant à la crédulité publique la cession de la moitié d’une fortune dite considérable dont il ne possède certainement pas le moindre sou en vertu de nos recherches certifiées conformes par un collège de scrutateurs indépendants du ministère du bien-être public ».

Ils ont continué de cette manière :

« Par les mêmes pouvoirs nous tenons à ramener vers vous un animal qui ne saurait exister puisque les autruches ne volent pas et en application stricte d’une directive européenne concernant le trafic des animaux sauvages de catégorie 345z nous vous signifions une amende de 1726 eurodollars augmentée de 1200% en raison de la circulation de données fausses et non avérées concernant des faits dont la nature a été contredite par les autorités les plus justes, sures et dignes de foi confirmant ainsi qu’une autruche ne saurait voler même si on devait trouver une exception à cette règle. En conséquence de quoi, nous vous enjoignons à régler ces sommes immédiatement, à renommer l’animal concerné selon une terminologie appropriée, proposer à l’institut de la propriété publique intellectuelle et morale des options à cet égard, chacune valant 432 euroyuangs, défendre ces propositions devant un collège de philanthropes bienheureux et aimables suite à quoi l’utilisation de ce mot sera légalisée à votre compte et pour votre bien-être et celui des peuples dont il ne s’agit pas. »

Les trois individus se sont tus et conformément aux termes d’une loi dont j’ai oublié le saint nom ils ont chanté l’hymne du ministère de la santé financière et du bien commun des philanthropes nantis.

Nous avons profité de l’obligation qui leur est faite après chaque admonestation publique de rester ainsi immobile un minimum de trois minutes et trois secondes pour filer à toute vitesse et nous perdre dans la foule non sans avoir récupéré l’autruche volante.

Dorénavant pour faciliter les choses nous l’appellerons marmotte gracieuse, c’est dit !

Nous avons pris un bateau à moteur arrière ce qui est mieux pour avancer qu’un moteur avant, surtout en allant vers l’amont, et nous sommes perdus dans la nature urbaine. Nul doute que les trois représentants agréablement chaussés nous suivrons. Nous sommes à nouveau en fuite et essaierons de rejoindre le plus rapidement possible un aéroport pour avions volants et non trébuchants et si ce n’est pas possible nous nous contenterons d’un aéroport souterrain et prendrons le métro pour Bangkok ce qui risque d’être passablement plus long.

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Chronique – 27


De l’existentialisme, de Piero della Francesca, du grille-pain et de la fuite des héros de Copenhage à Bangkok, ou inversement

J’aurais dû m’en douter. Il était évident qu’après les évènements d’hier des sentiments profonds resurgiraient, que des lames de fond, des tendances lourdes, des structures de pensées enfouies aux profondeurs les plus sournoises et inaccessibles de nos inconscients se mettraient en branle et que nous finirions par en payer des conséquences très lourdes C’est de fait ce qui s’est passé.

Notre grille-pain kierkegaardien que nous avons découvert tel dans cette belle ville de Copenhague avec ses marchés flottants, ses temples dorés, ses bouddhas debouts, assis ou couchés, ses fleurs, sa tendresse et sa chaleur, s’est senti de plus en plus mal au fur et à mesure que le soleil montait sa divine auréole au firmament.

Vers midi, 12 minutes et 12 secondes, selon l’heure affichée sur mon téléphone portable que nous consultons dix mille fois par jour pour trouver ce que nous connaissons déjà, chercher ce que nous avons déjà trouvé et omettre ce qui aurait pu être découvert, tout en nous extasiant sur des milliers de détails aussi intéressants que l’œil droit du lézard vert qui a marché sur la terrasse de notre abri ce matin, notre ami s’est mis à trembler et grommeler quelque chose dont la signification nous a échappé sur le moment.

Comme il l’a répété plusieurs fois l’extincteur a fini par lui demander de répéter mais cette fois-ci de manière intelligible surtout pour le Yéti anarchiste qui n’en n’est qu’au balbutiement de son apprentissage du danois qu’il apprend en même temps que le français, l’anglais et le réfrigérateurien.

Le grille-pain l’a regardé avec ce regard vitreux que l’on découvre chez toute personne un peu dépressive et a dit à peu près ceci : «qu’ai-je fait de ma vie ? Je sais que je serai hors d’usage dans une petite année, deux jours après l’expiration de ma garantie, c’est inscrit dans mes gênes, et alors, quand le moment sera venu de rendre compte au grand Suprême des Dieux je lui dirai quoi, moi, le grille-pain attardé, lecteur et assidu de philosophie, hein ? que j’ai passé ma vie à dormir, débranché, ou griller tout ce qui passait à proximité, branché. Depuis quelque temps je suis toujours connecté et là ne fais que rendre la vie totalement impossible pour celles ou ceux qui passent dans mes tenailles. Sans même les écouter, les regarder, je les grille, les noircis, les vilipende, les critiques de mes grilles très efficaces. Mais, vous mes amis, vous le savez bien, je n’accomplis rien, je ne fais rien, la face du monde ne sera pas changée après mon départ, je n’aurais même pas été ce morceau de sable qui empêcherait les rouages d’une société plus injuste que jamais à continuer d’écraser tout ce qu’elle peut toucher, je n’aurais été qu’une petite roue crénelée bien gentille proprette et diligente faisant tout ce qu’on lui demandait de faire et comme j’ai été dessiné par un certain designer de renom me voici propulsé avec mon ambition au-dessus de tout. Je suis grisé, je l’étais et le demeure, de par ma marque et mon statut mais à l’instant de l’expiration de ma garantie que et qui serais-je, voulez-vous me le dire ? Moi je le sais, un paquet de ferraille tout juste bon à jeter à la ferraille pour être broyé par une autre machine ou brûlé et refondu dans une autre appareil tout aussi malléable et inutile que moi. »

Il s’est tu et s’est enfermé dans un silence mémorable non sans avoir pris le soin de se débrancher auparavant. L’extincteur, le plus sociable de nous tous et Maria, la plus sensible, se sont penchés sur lui et l’ont réconforté : « Soyons francs, nous sommes tous au même point, nous sommes tous des rouages ou des grains de sable sans intérêt mais nous essayons de bouger et faire quelque chose, chacun à sa manière. Le fait que tu sois si concerné par ces problèmes provient probablement de tes lectures, de ton ami Kierkegaard et de l’atmosphère particulière de Copenhague avec ses canaux, ses constructions multiples, ses temples et sa chaleur exquise. Tout cela nous bouleverse toutes et tous, ne t’inquiètes pas. Se poser des questions et refuser d’avaler tout ce qu’on nous demander d’avaler, rejeter les couleuvres qui s’échinent à trouver le chemin vers nos bouches pourtant fermées, est louable, profondément louable. Tu es certainement le plus remarquablement ouvert sur le monde que l’on pourrait imaginer. Ressaisis-toi ! Admire le monde tel qu’il est, profite de ce qui est et bats toi avec nous pour que les choses ne soient pas ou plus tout à fait la même chose après qu’avant et faisons cela en bons copains que nous sommes. Rappelle-toi Brassens ».

Cela a ramené un peu de couleurs sur les joues vert pomme de notre ami. De son côté, le Yéti anarchiste à qui les pingouins aux lunettes roses venaient d’expliquer à leur manière la situation, c’est-à-dire en disant que le grille-pain était fichu et que de toutes les manières il n’avait jamais rien fait pour les poissons ni rien dit sur Piero della Francesca, a réagi de manière habituelle en hurlant « Révolution, Révolution, abattons les murs, détruisons les Bastilles, fichons dehors les bâtards fascistes qui nous gouvernent, brûlons les hyper riches et puissants… »

C’est moi qui l’ai fait taire mais un peu trop tard puisque tant l’extincteur que le grille-pain se sont mis à réagir brusquement en entendant le mot « brûler », mais pour des raisons opposées. Le premier s’est mis en branle fier de son utilité et demandant où s’était produit l’incendie. Le second s’est enfoncé dans une dépression encore plus profonde en insinuant que décidément brûler et griller étaient les seules possibilités d’avenir qui lui étaient proposées et que rien ne lui serait épargné, pas même cela.

Maria a haussé le ton et dit solennellement : « Très bien puisqu’il en est ainsi nous allons quitter cette belle et chaleureuse ville de Copenhague qui nous a plongé dans une profonde dépression. Nous filerons à Bangkok dès ce soir. Tant pis pour le froid et la nuit éternelle, cela au moins nous permettra de laisser la chaleur derrière nous. Nous aurons quitté l’Union Européenne et serons loin des poursuites de toutes sortes. Nous reconstruirons notre vie là-bas. Et toi le Yéti à la grande bouche il est temps de te taire. Puisque tu voulais donner la moitié d’une fortune dont tu ne disposes pas du moindre premier centime et bien c’est là-bas que tu te remueras pour trouver de l’argent et le donner à qui en aura besoin. »

Eh bien voilà, pas d’autres solutions ! Quand Maria a parlé tout le monde se tait et sourit. C’est commun et banal mais tellement vrai. Elle est notre gourou, notre guide et moi son humble adorateur. Demain nous partirons. Le grille-pain s’est calmé et le Yéti a murmuré quelque chose aux pingouins qui ont répondu «Arezzo».
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