Chronique – 53


D’un résumé de l’épisode du lendemain, de la pagaille au tribunal et des frémissements d’une nouvelle errance

Pour rompre la tradition fort désagréable prévalant en matière de séries écrites ou visuelles tendant à introduire au début de chaque chronique, épisode, chapitre ou film un résumé des épisodes précédents suivi de commentaires anodins ou rires en emballage plastique, les auteurs de cette chronique ont décidé de procéder différemment, de batailler contre les principes trop bien établis, s’insurger contre les rires en cartons pates, et proposer dorénavant un compte-rendu détaillé des épisodes du lendemain plutôt que de la veille.

Ceci naturellement risque d’accentuer le caractère un brin confus de la chronique dont vous êtes le digne récipiendaire, mais apportera un supplément d’âme à l’errance des personnages dont nous suivons la trace au jour le jour, pas à pas, et mot à mot.

Donc, pour l’épisode d’aujourd’hui reportez-vous à la chronique d’hier qui malheureusement n’en parle pas mais vous comprendrez bien que Rome ne s’étant pas faite en un jour, ni en un mois d’ailleurs, il n’est pas possible pour les arpenteurs de cette série de s’infiltrer dans les sinuosités du temps et remédier ou pallier aux imperfections du moment. Tant pis, vous n’aurez pas l’épisode d’aujourd’hui qui aurait dû être résumé hier mais n’a pas pu l’être puisque hier était un autre jour et précédait le moment où la décision a été prise de procéder différemment.

Pour autant que vous nous suiviez encore, ce qui pourrait ne pas être le cas, ce serait bien triste, entendez-le bien, mais hautement compréhensible, voici l’épisode de demain :

Chaque procès recèle son lot de drames et de passion, celui de l’autruche volante, flottante et trébuchante, la bien nommée marmotte gracieuse n’a pas manqué à la tradition. Notre amie, chargée pour des crimes qu’elle n’avait pas commis, notamment pour assassinat de poissons, disparition des thons rouges, fuites sur Wikileaks, et j’en passe, en lieu et place des trois pingouins à lunettes roses, s’est trouvée en position fort difficile après le procès expéditif dont le juge de paix, de bonté et de sagesse l’avait accablée.

Au moment de sortir de la salle VIII, nous avons été témoin d’un coup d’éclat, de théâtre et d’arabesque.

Les trois pingouins, déguisés pour des raisons incompréhensibles en ours blanc, se sont livrés aux fines autorités en déclarant ceci : ô grand juge, représentant du peuple, de la démocratie, de la république et de la joie suprême, vous cherchiez des pingouins, les voici ! Nous nous livrons à la clémence des belles et bonnes autorités et nous constituons prisonniers pour ne pas accabler la brave autruche volante, flottante et trébuchante injustement punie pour des crimes dont elle n’avait même pas connaissance au moment des faits, ni après d’ailleurs.

Le juge a immédiatement demandé à l’huissier de service et d’ailleurs de prendre note de la déposition des trois pingouins déguisés en ours et de procéder à une vérification d’identité en allant rechercher les trois pingouins précédents, déguisés en autruche, et de faire comparaître tout ce beau monde dans son beau tribunal instamment, incessamment et sous peu.

Ledit huissier à pattes de velours, a usé de son cor de chasse pour rappeler notre amie qui est revenue en prononçant ces mots fameux : qui dort dine, qui dine pense, qui pense rêve, et qui rêve pleure. Je suis triste mais rassurée. La vie est rose et les lunettes parfois aussi. Que le jour soit.

La confusion étant alors totale dans la salle du tribunal, le juge a fini par hausser les épaules et dire la chose suivante qui n’est pas sans poser un certain nombre d’interrogations sur la justice en général, et la justice en particulier aussi, à savoir : foutez-moi tout ce beau monde dehors, de toutes les façons les poissons je m’en contrefous à un point. Dehors !

Nous nous sommes précipités hors de la salle, hors le tribunal et hors la ville de Vienne bâtie depuis peu sur une île tropicale et lorsque le souffle nous est revenu, assez violemment d’ailleurs me précipitant moi et l’extincteur par terre, nous nous sommes assis au bord d’une rivière et après nous être félicités de la tournure des évènements, nous avons complimenté l’autruche pour son comportement remarquablement digne.

Celle-ci n’a pas eu l’air de tout à fait comprendre les raisons desdites félicitations mais une larme a humidifié sa joue ce qui nous a tous ému, et vous aussi j’espère.

Par suite, nous avons débuté un long conciliabule pour déterminer quelle devait être la marche à suivre et la suite à donner au présent épisode, autant d’éléments dont nous vous réserverons la primeur demain ou plutôt après-demain, c’est-à-dire demain quand même.

Des perles de joie sont revenues en nos cœurs et les ont inondés de bonheur.

Nous sommes satisfaits.

Que la joie demeure.

§660

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