Des questions que l’on se pose et des conséquences que cela peut entraîner dans un pays de carte postale et, bien sûr, de Maria au regard si profond que je m’y perds si souvent


Des questions que l’on se pose et des conséquences que cela peut entraîner dans un pays de carte postale et, bien sûr, de Maria au regard si profond que je m’y perds si souvent

 

La situation est tout aussi étrange aujourd’hui qu’elle l’était hier.

 

Nous progressons dans une terre étrange où les éléments du décor sont de simples décors, le soleil, la lune, les arbres, la lumière, tout est artificiel et les couleurs vives et brillantes ne sont pas des parts d’épiderme d’un arbre, d’une fleur ou de buissons, non, il s’agit d’une couche de peinture laquée bien étalée sur des artifices de bois, plastiques ou métal. Tout cela nous ne pouvions le voir depuis la route bitumeuse noir qui traverse cet endroit et le coupe en deux parts formant un quadrilatère aux angles droits mais l’avons découvert depuis que l’autruche volante, flottante et trébuchante s’est décidée à quitter ledit chemin battu, nous propulsant ainsi dans les coulisses d’un monde de façade, d’artifices et d’apparences. Tout est trompeur mais les raisons justifiant une telle situation ne sont pas évidentes.

 

Je ne comprends pas les motifs d’une telle mise en scène, je ne saisis pas ce que sont les tenants et aboutissants de tout ceci mais je dois admettre être le seul à me poser la question. Mes amis marchent comme si de rien n’était dans un décor de théâtre et s’amusent parfois d’un faux arbre ou d’une fausse ombre, montrent du doigt un soleil suspendu sur un mur géant, se complaisent de cette situation et font comme si de rien n’était.

 

Je sais ce qu’ils pensent et ne leur demande pas de justifier ce qui pour eux est une évidence même : Tout est théâtre me dis-je en imitant l’un ou l’autre tout est carnaval, rien n’est vrai, tout est mise en scène. Pourquoi se demander ce qui n’est après tout qu’une autre facétie de notre destin d’errants ou d’ambulants. Nous marchons dans des réalités changeantes mais au moins pour une fois celle-ci a-t-elle l’air agréable et en aucun cas dangereuse. Lorsque nous marchions dans tel paysage brûlé, détruit ou morne et triste, il était logique de se demander pourquoi tout était ainsi car en trouvant des éléments de réponse il était possible de s’échapper. Mais ici, pourquoi souhaiter s’extirper d’une telle douceur, d’un tel chatoiement de couleurs ? Pourquoi refuser le calme et la sérénité ?

 

Je suis conscient de cela mais je ne peux empêcher mon esprit de constamment se torturer et s’inquiéter de ce qui est. J’aimerais pouvoir voir le monde au premier degré et seulement ainsi mais je me demande toujours ce qui est derrière tout cela.

 

Le grille-pain existentialiste gentiment accroché sur mon épaule droite voyant mon inconfort m’a réconforté tout à l’heure en me disant : Si nous n’avions jamais quitté le confort de ton appartement, si nous n’avions pas fui cet endroit calme et serein pour Copenhague puis Vienne puis la mer d’Autriche et ainsi de suite, nous serions dans un monde de douceur également, avec jolis appartements, gens satisfaits d’eux-mêmes, parlant salaire et promotion, sexe et situation, vacances et shopping, tout serait dans une ordre naturel inné, cohérent, bien huilé, à chaque jour sa peine et sa nouvelle acquisition, sa découverte, sa sortie du soir, sa petite ivresse passagère, ses découvertes, ses gadgets et acquisition, le prix du mètre carré, la dernière voiture à la mode, les défilés d’Alexandre QuiVousVoudrez, le cocktail de jus de guimauve sur un ersatz de guacamole, de Vodka, Gin parfumé au safran, grenadine d’Egypte et soupçon de menthe fine des Seychelles, la dernière maîtresse, le nouvel amant, les sorties fines et légères, les expériences sensorielles déroutantes de Jérémie Willgrame, que sais-je encore, tu aurais été emporté par le courant, par la foule des oiseux et oiseuses de luxe, tu aurais fait comme tout le monde et jamais tu ne serais posé de questions, si peut-être au soir de ta vie, lorsque tes années se seraient empilées les unes sur les autres à la façon d’un jeu de légos bien ordonné, tranquillement et en toute quiétude, une vie de légende, sans saveur, ni parfum, ni goût, ni rien, et tu te serais demandé ce qu’il aurait fallu faire pour sortir de ce cercle vicieux, tu aurais réfléchi sur la misère humaine et les lendemains qui déchantent et rejeté la faute sur les autres, ceux d’avant et ceux à venir, tu aurais pleuré ton saoul et tout t’aurais semblé fade et morne, et avant de fermer les paupières pour la dernière fois tu te serais exclamé : Pourquoi toute cette connerie ? ou plus prosaïquement et dignement, Que suis-je venir faire dans cette galère et tu te serais endormi dans un vide sidérant et sidéral sans avoir de réponse car réponse il n’y a jamais. Alors, tu as la chance de voir l’envers du décor, tu as vu l’au-delà, tu as arpenté des sols nourriciers et d’autres féconds mais martyrisés, tu as vu la douleur et la mort, tu as ressenti le vide des sentiments et des existences, et maintenant tu te tortilles pour savoir ce qu’il y a derrière tout cela, c’est bien, tu as raison, mais songe que la demande, la question, l’interrogation est en tant que tel un début de quelque chose, d’un lent processus, d’un livre sans début ni fin, mais sans jamais savoir qui les marionnettistes sont, quels fils ils manipulent et qui les manipulent eux, ou elles. Persévère mais apprécie la douceur du moment. Ta Maria au regard si profond que tu t’y perds si souvent marche devant toi, peut-être est-il temps, grand temps que tu te demandes quelles sont ses préoccupations, soucis ou anxiétés, ce qu’elle souhaite, ce qu’elle aime, ce qu’elle attend des moments à venir. La vie est parfois plus simple qu’on ne le pense.

 

Il s’est tu et je l’ai remercié pour ses efforts et la force de ses arguments.

 

Il a raison, naturellement, un grille-pain a toujours raison, après tout, pourquoi pas. En tout cas je vais suivre son conseil et vais sur le champ me rapprocher de ma douce Maria et vous laisser à votre soirée.

 

 

IMG_1689

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s