Des choix qui sont illimités, des ascenseurs, du chiffre 3, et de l’esclavage que l’on s’impose


Des choix qui sont illimités, des ascenseurs, du chiffre 3, et de l’esclavage que l’on s’impose

 

 

La chose est arrivée très simplement.

 

Une ellipse soudaine dans le long et lent déroulé des évènements en cette fin d’univers dans lequel les trois humains évoluent.

 

Rien n’est jamais enfermé dans un schéma final, unique, définitif, ceci c’est pour la parade, les colères sur les plateaux de télévision, du bluff, des miettes pour les pigeons, de la poudre aux yeux, rien de vraiment très sérieux, le blanc et le noir, le noir et le rouge, le rouge et le bleu, le bleu et le jaune, il faut oublier, tout ceci n’existe que dans les papiers lisses mais gribouillés de scientifiques et matheux amateurs de tout poil, les autres, tous les autres, savent que le monde est différent, qu’il étend sa palette sur l’intégralité des possibles, le champs est immense et le choix illimité, il n’y a rien qui ne soit ultime et tout est illusoire et fluctuant jusqu’à l’ultime microseconde avant l’instant magique où l’on passe d’un avant à un après.

 

Chaque seconde vaut un siècle.

 

Chaque pas est une aventure vers un monde différent, un saut dans l’inconnu, un choix entre gauche et droite, avant et arrière, mouvement et immobilité, les choix sont toujours là, les équations envisageables infinies, les interrogations existentielles sont sans fin, les banalités d’usage aussi, tout est infini, et les bornés et floués qui constituent la race humaine ont tout fait pour oublier cela, pour ne pas avoir peur, pour survivre à cette instabilité chronique et permanente, pour avancer en dépit de la peur qui autrement les clouerait dans la seconde, là où ils sont, où ils étaient, car ils n’auraient pas duré longtemps s’ils n’avaient réussi à optimiser ce système d’oubli, de négation, de refus de l’approximation, de l’aléatoire, du virtuel, de l’indéterminé et du conditionnel comme fondement du monde, alors tout devient simple, possible, blanc et noir, et tout le reste, c’est ainsi.

 

On survit, mais on perd son âme, sa liberté, ses choix, et on devient borné, limité, les portes se referment les unes après les autres jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une voire aucune ou une fenêtre du quatrième côté cour, celle que l’on peut prendre pour se suicider.

 

Tout cela c’est quoi ? Du vent, une brise légère ou un ouragan, peu importe, un simple cheminement de molécules presque vides d’un endroit à un autre !

 

Les chemins qui s’offrent à l’individu sont toujours multiples, jamais unique, depuis les premiers pas du bébé charmeur jusqu’au dernier du vieillard lunatique.

 

Oubliez les dieux et les règles, les lois et les principes, les équations, les traditions et coutumes, les décrets et les règlements, les prières et les diktats, tout cela c’est la simple et bonne vieille tentative du puissant, du géant qui souhaite perdurer dans son rôle de géant, de demeurer ce qu’il est, là où il est, et vous là vous êtes et ce que vous êtes, c’est-à-dire, franchement, honnêtement, désolé de vous le dire, un pas grand-chose, un petit hoquet du destin dans un désert d’ambition et de réalisation, eux là-haut, vous en bas, pour les siècles des siècles, amen !

 

Bref, sur ce promontoire, ils étaient cinq, deux sont partis par la fenêtre du quatrième, côté cour, il en reste donc trois …

 

FAUX, il en reste quatre car un étrange personnage à deux têtes les a rejoints en descendant d’une corde tombée dont ne sait où, ils sont au bout du monde au-dessus d’une abîme vertigineux dans lequel se déverse toutes les eaux de l’univers, la somme de toutes les larmes jamais produites par l’humain dans son malheur, sans possibilité de quitter ce quadrilatère de planches bien lisses et vernis, à l’ultime limite de l’horizon au-delà duquel il n’y a rien …

 

FAUX, là également, car à cet endroit précis où les géants ont fait une pirouette fort élégante, l’intrus à deux têtes a ouvert la porte d’un ascenseur de couleur vert zébrée de jaune, cela ne s’invente pas, même dans les romans, les a appelé par leur prénom, les a prié de rentrer dans le petit local métallique imbibé d’une lueur néonique est rentré avec eux, a appuyé une touche parmi 5 autres, celle portant le chiffre 3, celui de la trinité, ce qui ne veut rien dire, désolé là également, et les choses ont alors suivi un tout autre déroulé, adieu le monde perdu, celui des géants et de leurs esclaves rebelles, et bienvenu dans une nouvelle dimension, un nouveau monde, un monde dans un monde, telle une poupée russe, jusqu’à la fin des temps, des mondes et des réalités.

 

La porte s’ouvre, l’individu à deux têtes sort en premier suivi par la jeune femme, la jeune fille, l’homme et son wagonnet, dans cet ordre, cela n’a pas d’importance particulière mais permet de percevoir la cohérence du long déroulé des vies dont il s’agit.

§514

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