2004 – APRES-DEMAIN


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APRES DEMAIN occupe une place à part dans ce que j’ai écrit. Il date de 2003 ou 2004 mais je l’ai sans cesse révisé depuis lors. La dernière retouche date de 2009. C’est un sujet que j’aime aborder, à savoir la relativité des choses. Les occidentaux, dont je fais partie, vivent sur leur petit nuage sans réaliser le moins du monde que leur histoire est plus que trouble d’une part et que leur décadence est proche d’autre part. Pas besoin d’être grand expert pour savoir que dans quelques décennies, les pays occidentaux glisseront dans la liste des économies les plus avancées.

Ce roman tire des conclusions un peu extrêmes de ce constat. Dans un avenir plus ou moins lointain, à vous de juger, un journaliste asiatique est envoyé sur les terres européennes en détresse pour faire un reportage au jour le jour. Il renvoie des images désespérées d’un continent en perdition sans espoir de redressement. Il parle des autochtones comme les européens parlent encore de nos jours des habitants de certains pays dits du ‘Sud’ ou en ‘développement’. Il est effrayé par ce qu’il voit, la violence, les trafics divers, la pauvreté, la déchéance de ce qui fut une grande puissance.

S’ajoute à cela un complot politique local dont il est témoin et les agissements plus ou moins louches de son propre gouvernement. Enfin, il y a une omniprésente censure ou autocensure et un contrôle des moyens d’information, considérés parfaitement naturels dans ce livre, mais qui reflètent mes anxiétés envers noter société contemporaine.

C’est un des livres qui a été le plus plaisant à écrire. Quelques semaines tout au plus même si je l’ai réécris plusieurs fois. Si c’était possible j’aimerai reprendre le tout à zéro pour en profiter à nouveau.

Avant-propos

La Rédaction du South Asia Evening Post est heureuse de proposer à ses lecteurs, auditeurs et spectateurs virtuels, un second volet de chroniques par James Zinhmen. Après sa fort talentueuse description des terres australes de juin à décembre de l’année précédente, il nous emmènera, à raison d’une chronique environ par semaine – le nombre pouvant varier en fonction des rencontres et évènements – dans les zones les plus reculées des zones en devenir à l’ouest de l’Eurasie. Il lui reviendra de nous rapporter par tout moyen qu’il jugera bon les expériences et faits méconnus dont il aura été le témoin.

La Rédaction consciente de son professionnalisme sans faille ainsi que de sa grande expérience du terrain le laissera libre de ses propos et n’apportera aucune correction dans ce qu’il lui fera parvenir. Elle accompagnera chaque chronique d’un certain nombre d’éléments complémentaires à titre d’éclaircissement.

Naturellement, l’auteur gardera l’entière responsabilité de ses propos et la Rédaction ne sera en aucun cas considérée juridiquement solidaire ou liée par l’un quelconque de ses propos, images ou commentaires.

Nous encourageons vivement nos fidèles abonnés d’accompagner par téléportation ou par vision scénique virtuelle James Zinhmen.

Nos remerciements les plus vifs vont au Ministère des Affaires Intérieures ; au Ministère de l’Information ; la Culture et du Prestige, au Secrétariat d’État à la Justice, Sécurité, et Sérénité ; au Département de la Conscience Intérieure, ainsi qu’aux différentes sociétés de transport et logistique dépendant du Ministère de l’armement pour leur soutien et apport.

La Rédaction

Ière Partie

12 mai – Impressions Diffuses – Environs de Reims

Quoi qu’il ait pu advenir de ce continent historiquement essentiel, il y demeure un charme suranné et une nostalgie difficilement descriptibles. Les paysages, y sont peut-être un peu plus variés qu’ailleurs, les villages plus authentiques, les ruines plus nombreuses.

Les gens semblent également moins résignés et plus farouches que dans d’autres zones en devenir. Parfois, leurs yeux trahissent une fierté non dénuée de charme même si elle reste parfaitement grotesque à maints égards. Mais pour ressentir cela, il faut faire abstraction d’autres sentiments qui vous assaillent telles la panique, l’aversion ou l’extrême lassitude

Je sais bien que nombre de nos politiciens ou diplomates en voyage d’études ou missions exploratoires ont souvent pris la mouche ou se sont sentis mal accueillis simplement parce que le regard de leurs hôtes trahissait un vague dédain jugé injustifiable ou inqualifiable alors même que le propos de leur mission était de venir à l’aide de ces populations dont certaines composantes étaient proches de la famine.

Pourtant peut-on réellement en vouloir à ces êtres démunis mais dont le sang conserve probablement une certaine empreinte génétique d’un passé plus ou moins glorieux ?

*

Je suis arrivé avant-hier soir en territoire européen et me suis immédiatement installé dans une annexe très luxueuse du Gouvernorat central de Reims.

Le Gouverneur, en fait une lointaine cousine du Zhejiang, avait été mise au courant de mon mandat par mes supérieurs et a très gentiment pris de son temps pour parfaire ma connaissance rudimentaire des choses occidentales. Elle m’a conseillé quelques déplacements, m’a averti des dangers y afférant et m’a laissé, comme je le souhaitais, libre d’élaborer un programme de visite qui me serait personnel et ce quel qu’en soit le danger potentiel.

De fait, elle a été rassurée de noter le blanc seing reçu peu avant mon départ par les autorités du Ministère des affaires intérieures à qui je profite d’adresser mes remerciements par l’intermédiaire de cette Chronique hebdomadaire.

Après quelques tergiversations dans les langueurs de mon confort douillet, j’ai opté pour une visite rapide d’un certain nombre de lieux figurant dans mon carnet de visite préparé avant mon départ.

*

J’ai été mis ce matin en relation avec une charmante jeune femme autochtone, aux cheveux blonds laissés libres de leur mouvement, très sympathique et maniant les langues dominantes avec beaucoup de grâce et de compétence. Son visage est assez rond et juvénile, mais ses cheveux soyeux s’étalent gracieusement sur ses épaules et lui confère une grâce angélique.

Nous nous sommes immédiatement rendus sur un lieu de fouilles dans les environs de Reims que je souhaitais ardemment visiter et elle m’a fourni des explications nombreuses et détaillées sur l’état des ruines de ce qui fut probablement un complexe architectural de grande ampleur et qualité.

Son propos était cohérent et souvent factuel et, lorsque nous avons rencontré quelque individu, elle s’est adressée à lui ou elle en dialecte local, le français je crois, et je suis tout à fait persuadé qu’elle n’a eu de cesse d’extraire d’esprits parfois obscurs des souvenirs ou des bribes de connaissances orales qui étaient susceptibles de m’intéresser.

Cependant, je n’ai pas souvenir de l’avoir entendu remettre en question l’assertion souvent reprise en Eurasie Occidentale selon laquelle la déchéance de cette zone particulière – ou de toute autre expérience similaire – n’était pas le produit d’erreurs locales ou régionales mais le résultat inéluctable et nécessaire de facteurs extérieurs ainsi que de la simple évolution des civilisations… Reliques de temps lointains certainement.

*

Je me suis ensuite promené sur cette superbe friche industrielle et y suis resté plusieurs heures.

Un ami de la faculté d’archéologie de Shanghai, Lu Clovis Sin, qui séjourne à Lyon et a quelque responsabilité dans la conduite du projet m’a rejoint et nous avons parcouru ensemble ces lieux étranges.

Une sorte de brouillard recouvrait la plaine et les monticules de déchets et gravats. Il faut savoir qu’en cet endroit le soleil ne perce pas encore en cette période de l’année ; il faut attendre la fin de la saison froide, vers le 30 ou 35 mai, pour que l’on puisse vraiment bénéficier d’une perspective ample et d’une vision dépassant les deux cent mètres.

Pourtant, en dépit du brouillard et des nuages bas, il régnait indubitablement une atmosphère poétique et charmante, tout à fait propice à l’exploration de ruines et la compréhension des temps jadis.

J’étais relativement bien équipé, disposant d’un purificateur d’air portable que j’avais loué en arrivant à l’aéroport numéro trois en secteur d’Europe Occidentale – sous administration coréenne je crois.

Il ne faisait certes pas très chaud mais cela ne m’incommodait pas trop. Cela me permit en fait de rester à l’extérieur durant plusieurs heures sans être trop gêné par les odeurs pestilentielles provenant des cités indigènes environnantes.

*

Ce qui m’a le plus frappé c’est évidemment l’abandon des lieux et le peu d’efforts entrepris pour dégager les ruines pourtant de valeur qui se trouvent en ces lieux. Mais, le plus fascinant était certainement le fait de pouvoir contempler pratiquement seul ce qui fut autrefois un site d’importance. Certes, en dépit d’une protection milicienne d’une certaine importance dont mon statut de journaliste centralien me fait bénéficier pendant ce périple, les risques de devoir faire face à des manifestations de violence autochtone ne sont pas négligeables. Pourtant, marcher en un tel endroit en l’absence d’une foule rugissante m’a semblé un privilège particulier et m’a permis de me recueillir et réfléchir sur les étonnants soubresauts de l’histoire.

J’ai contemplé cette friche, l’ai arpentée de long en large, ai observé d’imposantes structures parfaitement dégagées en ancien et bon acier et en ce que l’on appelait je crois béton, et me suis rendu dans les sous-sols du site aux endroits où des archéologues travaillent méticuleusement.

La première des structures enfouies était quasiment dans le même état que lors de l’abandon du projet voici plusieurs siècles et semblait représenter une antique mine de charbon parcourue par des sortes de méandres d’acier sur lequel des wagons devaient probablement transporter passagers et matériels. A un emplacement bien protégé, mon ami m’a permis de contempler les restes presque intacts d’un habit de mineur de cette époque ainsi que des outils en acier. Son Institut était en train de travailler sur cet équipement afin de déterminer s’il s’agissait d’un habit contemporain ou antérieur au site voire d’un déguisement ou d’un ornement.

D’une manière générale, les inventeurs du site hésitaient entre deux interprétations possibles : soit il s’agissait d’un système complexe mais rudimentaire de liaison souterraine entre les différentes parties du complexe soit l’ensemble était autosuffisant et constituait une sorte de moyen de locomotion non-virtuel autonome permettant à des personnes de se déplacer à grande vitesse dans un dédale de souterrains – mais dans ce cas dans quel but ?

La deuxième structure – souterraine elle également – que j’aie observée était difficilement accessible mais en bien meilleur état que la précédente.

Après avoir marché sous terre pendant plusieurs minutes, le visiteur pénétrait dans un local assez vaste, en bois, avec quelques restes de tables et une scène de dimension réduite. Il y avait également des assemblages de plastique et des fils conducteurs ou électriques très primaires qui sortaient de vilaines brèches.

En cet endroit, le sentiment de fouler de ses pieds des traces de l’homme ancien était très vif. Il y avait des traces de peinture rouge dont les archéologues m’ont indiqué qu’elles écrivaient en alphabet indo-européen ou similaire les mots « Lucky Nuggets Show ».

L’utilisation d’un tel lieu ne faisait en conséquence aucun doute : il s’agissait assurément d’un théâtre. Ne manquait que la musique et les personnages, danseurs ou chanteurs qui devaient à cette époque antique se produire directement devant les spectateurs et non par l’intermédiaire d’un support médiatique.

Enfin, et ce fut la plus marquante de mes rencontres, j’ai visité une grotte dans laquelle un rocher avait été dégagé par des travailleurs. Ceux-ci oeuvraient à restaurer à même l’endroit des couches de plastique et de métal imbriquées les unes dans les autres.

L’ensemble préfigurait un dragon gigantesque. Naturellement, tout ressortissant chinois ne peut qu’éprouver une certaine joie à contempler cette figuration d’une de nos légendes les plus poignantes. Mon ami m’a fort justement signalé qu’il disposait ainsi d’une preuve tangible d’une représentation chinoise forte en ces lieux dès le XXIème siècle voire le XXème siècle. Il ne fait aucun doute que cette sculpture baroque avait été bâtie pour le bénéfice de spectateurs de nos régions – qui devaient donc forcément avoir été présents en grand nombre en ces lieux pour qu’il y ait eu nécessité de représenter cette fière figure.

*

Je me suis ensuite rendu à Lyon, une bourgade relativement étendue un peu au Sud de Reims, où mon ami a contacté pour moi des spécialistes d’histoire post-industrielle afin qu’ils me présentent leurs thèses, toutes plus fascinantes les unes que les autres, sur les lieux que j’avais visités.

Pour épargner à mes lecteurs et auditeurs des fastidieux développements, je m’en tiendrais à celle ayant la faveur du plus grand nombre :

Il y aurait ainsi eu en ce lieu aux environs de 1950-2090 un complexe industriel, marchand et touristique de grande taille. Le gigantisme de l’endroit s’expliquait aisément en raison du caractère très rudimentaire des différentes réalisations : A son apogée le site devait avoir été parcouru par plusieurs milliers de personnes par jour. Il restait de grandes inconnues s’agissant de la finalité de chacun des sites dégagés et surtout leur inter-connectivité mais il paraissait évident que ceux-ci devaient former un tout. Le potentiel archéologique du site était important et ses inventeurs envisageaient plusieurs campagnes de fouilles.

Quant à sa disparition prématurée vers la fin du XXIème siècle, trois causes principales sont avancées par les chercheurs :

La première attestée par une récente découverte aurait été constitué par une explosion subite et très dévastatrice ayant probablement dû générer de nombreuses victimes.

La seconde, démontrée par un chercheur japonais ayant eu l’infime patience de compulser des écrits de nature secondaire (les traces informatiques ont en effet disparues d’Europe suite à la déflagration informatique de 2110), aurait été constituée par une succession de crimes commis par ce que l’on appelait alors des tueurs en série. Ceux-ci semblent avoir été particulièrement nombreux en cette époque et auraient assassiné sans ordre logique des personnes par plaisir jouissif d’inspiration érotique, pornographique ou, plus généralement, déviante. De tels agissements en un lieu surpeuplé auraient naturellement eu des conséquences dévastatrices et entrainé la désertion du site par des visiteurs libres.

Mais, celle qui semble avoir été prédominante réside dans l’inaptitude démontrée par les gestionnaires européennes – est-ce réellement une surprise ? – à s’adapter aux conditions nouvelles résultant de l’ouverture du monde aux réalités virtuelles. Pourquoi se déplacer dans un lieu au gigantisme si affolant, parcourir dangereusement de vastes superficies au milieu d’une foule inhospitalière, si l’on peut vivre les mêmes expériences – voire même plus excitante – chez soi ou, à tout le moins, dans un espace clos plus sécurisant et naturellement inaccessible aux déviants ?

Il n’en demeure pas moins, que les lieux ont été subitement abandonnés sans que l’on ait réussi à en déterminer la date exacte. Le complexe lui-même, appelé indifféremment, Disney Paris ou Disneyland Paris, n’a pas fait l’objet d’une réaffectation ultérieure, même partielle.

*

Il restera pour moi quelques images chocs, une vision sidérante d’un immense chantier dénudé et tranquille, des collines de gravas sous lesquelles on imagine de nombreuses autres traces de la présence de nos ancêtres mais que le manque de fond empêche de dégager plus rapidement.

Puisse cette chronique permettre de dégager les fonds nécessaires pour permettre à l’humanité de disposer de traces importantes sur un épisode essentiel de notre histoire commune.

Même si lesdits vestiges se trouvent en zone en devenir, nous ne devons pas nous laisser aller à un trop facile sentiment de supériorité. Aider ces populations indigènes ne revient pas forcément à assister des potentats corrompus mais peut également, j’en ai été le témoin, être utilisé à bon escient – quitte, naturellement à obtenir des garanties sous forme d’une représentation juste et nécessaire d’universitaires centraux.

Statistiques, Rectifications, Commentaires, et Avertissement

Statistiques (Loi 212/2203/74GB56) :

– 215 mille de lecteurs, 1.214 millions d’auditeurs, et 53 mille spectateurs téléportés ont accompagné la première chronique de James Zinhmen. Le taux de satisfaction est de 57.5%, celui de réprobation de 9.75%, et de contestation formelle de 3.5%.

Rectifications:

– Le gouvernorat central de Reims est établi dans d’anciennes demeures d’industriels locaux qui ne sauraient être qualifiés de « luxueuses » au sens propre du terme. Par contre, le degré de sécurité y est notoirement plus élevé que dans les bâtiments réservés aux dignitaires invités par les autorités autonomes du gouvernorat (Min Aff. Int).

– L’aéroport numéro trois construit dans le périmètre d’une localité autonome dépendant du gouvernorat de Frankfurt/Amsterdam est sous administration Thaï (Ministère de l’inf, Cult., Prest).

– Un budget de 2.15 M de Yuans a été dégagé pour les recherches sur le site de Disney Paris dont une partie importante a été affectée aux travaux rapportés dans cette chronique.

Commentaires:

– Le calendrier antérieur à la réforme des quatre mois de Zhou Wang est toujours en vigueur dans certains démembrements forts isolés du Gouvernorat de Reims selon le principe d’autonomie du droit local dans les zones en devenir. On rappellera que ce calendrier prévoyait le découpage de l’année en douze sections, intitulée ‘mois’, de durée légèrement différente de 28 à 31 jours. Il permettait une identification des dates et circonstances en fonction des saisons. Naturellement, il a été rendu complètement caduc en raison des variations climatiques survenues au courant du XXIème siècle.

– La sécurité des ressortissants Eurasiens, en particulier Chinois, est du ressort exclusif des autorités centrales (gouvernorats) qui peuvent décider en certaines circonstances de déléguer leur responsabilité aux milices locales, privées ou autres.

– La déflagration virtuelle de 2110 a anéanti l’ensemble des archives et données disponibles dans les territoires européens et nord-américains. Cependant, certaines des bibliothèques n’ayant pas été détruites dans les troubles y relatifs conservent de très nombreux documents qui peuvent à nouveau être consultés. Afin d’éviter tout risque de destruction massive de ces précieuses archives la consultation est réglementée de manière très stricte. Les textes disponibles pour les périodes antiques ou anciennes sont paradoxalement plus nombreux que pour les XXIème et XXIIème siècles.

Avertissements:

– Les spectateurs accompagnant le Chroniqueur par téléportation virtuelle doivent impérativement s’équiper d’interprètes audio de type Synthès-strat-32 ou équivalent. Les langues parlées en zones européennes atlantiques sont l’anglais, le français, l’espagnol, le portugais, le basque et dans une moindre mesure l’occitan et le celte.

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