2011 – EN ATTENDANT QUE LA NUIT S’ACHEVE


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enattUn homme face à d’étranges textes qui apparaissent sur son écran. Une épopée ancienne inachevée. Un fils qui construit sa vie et s’éloigne de son père. Un accident. Un médecin. Une épouse qui ne revient pas. Des souvenirs qui surgissent et s’effacent. Un chat et des lézards. Des drames anciens qui se dévoilent. Une nuit qui ne demande qu’à s’achever.

Des thèmes éternels sont explorés dans ce roman sans âge sur fond de fragments étranges : le travail de deuil, la vie, la mort, le rêve, l’amour, le regret, le remord et la rédemption, le tout dans un monologue rédigé depuis une terrasse s’ouvrant sur les Corbières, sa terre rouge, sa garrigue, son soleil écrasant, et la tramontane.

J’ai achevé ce texte durant l’été 2011. Il a été rédigé ‘en direct’ sur mon blog, me forçant ainsi à concevoir de manière bien plus précise qu’habituellement la trame du roman ainsi que la dépiction des personnages. Néanmoins, le fait de rédiger un chapitre par jour m’a imposé un rythme salutaire qui je crois permet de s’approcher au plus près des sentiments confus, complexes et délicats du narrateur. L’essentiel était d’introduire une atmosphère irréelle dans une histoire très lourde de sens et permettre ainsi de dériver avec le narrateur, lui-même auteur d’un texte s’inscrivant dans le roman.

Voici le premier chapitre:

FRAGMENTS 1

Je dois admettre que la situation est un brin confuse. Je précise immédiatement qu’il ne s’agit pas d’un soupçon d’imaginaire qui aurait fait irruption au milieu de mes chroniques ou reportages tristement réalistes, non ! Rien de tout cela. J’étais en train de solder mes récits précédents, les cataloguer sous le titre peu original de ‘longue et lente errance d’un voyageur épuisé’, de nettoyer les disques durs et mémoires souples ou vives de mon ordinateur, classer les dossiers, créer des catégories et sous-catégories, et transférer les précieux souvenirs de mes déambulations d’un endroit à un autre.

Je dois admettre qu’il me plait de procéder ainsi de temps en temps. C’est une manière comme une autre d’aérer l’inconscient, de balayer ce qui se trouve dans l’antichambre onirique, de vernir les boiseries usées par les efforts passés, de goudronner ce qui doit l’être et préparer la chose pour une nouvelle expédition intérieure. L’écrivain journaliste étant par définition une sorte d’éponge, il lui revient, c’est là je crois un devoir d’intégrité, de vider absolument tout ce qui peut rester des traces de l’eau dorénavant usée, et de la remplacer par un nouveau liquide.

Bref, j’en étais à ce point de mes activités ménagères lorsque l’évènement s’est produit. Oh, rien que du très banal. Un écran qui s’éteint, un message d’erreur 404 ou 415 qui s’affiche, des caractères qui se mettent à clignoter et des diodes qui s’illuminent de manière un peu particulières, ni bleu, ni rouge, ni vert, mais orange, allez-donc savoir pourquoi. J’ai agi de manière appropriée, me semble-t-il, d’abord des mots apaisants à l’égard de ma chère machine, puis des manœuvres de rigueur, éteindre, allumer, éteindre, attendre un peu plus, allumer à nouveau, puis ctrl/alt/del, puis à nouveau éteindre, attendre, allumer. Mais, ceci n’a servi à rien. J’ai donc changé d’option et d’attitude et ai utilisé la manière poétique, abusant de termes miévreux et tendres à l’égard de ma douce partenaire d’écriture, sans succès. L’option suivante a consisté à quitter dignement les lieux avec des mots secs mais courtois, éteindre les lumières de la pièce et procéder à une quête intérieure de quelques heures songeant qu’après tout ceci pouvait n’avoir jamais existé. Revenu à ma machine, elle n’a pas semblé avoir tenu compte de mes efforts et les mêmes messages et lumières se sont mis à clignoter.

A ce stade, il est évident que l’envie était pressante de rejeter le monde électronique et informatique dans un océan de solitude, d’hurler ma colère par la fenêtre, de jeter l’objet maudit à mille lieux de là, le frapper avec un marteau ou une casserole, l’inonder de jus d’abricots ou de tout ce qui peut vous venir en tête à quelque moment que ce soit. Mais je n’ai pas succombé à cela. Mon médecin est formel, pas d’excitation ou de stress inutiles. J’ai donc songé à une autre possibilité, celle de l’initié instantané. J’ai donc cherché dans mon esprit fatigué les différentes solutions techniques imaginables. Comme par définition elles ne peuvent s’y trouver j’ai imaginé, après tout ceci je sais faire.

J’ai donc tapé sur mon clavier des touches au petit bonheur la chance. Ctrl/7/Poitou-Charentes ou Alt/Caps/Page up ou Alt/flèche/down mais sans véritable changement de situation. Ceci ne m’a pas découragé. Je suis tenace, parfois, et borné, souvent. Et j’ai continué durant plusieurs heures. 4 heures et 33 minutes pour être exact. Et la dernière tentative a été la bonne, à savoir ctrl/a/d/i/e/u avec frôlement des touches plus qu’une frappe sèche. L’écran s’est rallumé, les images habituelles ont défilé et les mots magiques déclenchés. Ma chère machine m’a demandé mon mot de passe et j’ai obtempéré. Elle a exigé ma date de naissance ce qui est inhabituel, mais j’ai répondu avec précision. Elle m’a demandé mes couleurs préférées puis m’a posé des questions étranges sur le nom de ma mère, l’école fréquentée durant ma petite enfance, le nom de mon premier chien, de mon premier chat et de l’adresse de mon troisième logement. Je n’ai pas marqué de surprise particulière car vous savez bien que les choses informatiques n’aiment pas cela. J’ai donc obéit, après tout je suis humain et c’est ce que l’on me demande de faire depuis des millénaires. Puis, les icones habituels sont apparus et le petit sablier a vrillé de manière rassurante. Le calme est revenu. Le silence s’est fait. Les logos se sont stabilisés.

J’ai repris mon travail antérieur mais ai constaté une légère altération des symboles et éléments. Là où mes dossiers sont dorénavant placés, c’est-à-dire dans un dossier intelligemment nommé ‘reportages’, par ordre chronologique et sous les noms correspondants aux titres des voyages avec des numéros pour indiquer les versions disponibles, j’ai trouvé la plupart des textes, plus un. Un fichier nouveau, daté et estampillé ‘fragments d’épopée’, apparemment rédigé aujourd’hui, rien que cela.

Je me suis adossé contre le dossier de mon cher fauteuil rouge, ai regardé au plafond pour y trouver une solution, puis ai à nouveau regardé l’écran non pas de mes paupières mais de mon ordinateur. Pas de souvenir. Rien. Je suis formel à cet égard, je n’ai rien écrit aujourd’hui, ni hier, pour les raisons évoquées précédemment. J’ai donc fait ce que vous auriez fait à ma place, c’est-à-dire demandé gentiment et poliment à l’ordinateur dont il s’agit s’il souffrait d’une quelconque indisposition passagère mais il n’y a pas eu de réponse orale de sa part. Simplement un léger clignotement orange là où le fichier nouveau se trouvait. J’ai donc suivi ses instructions indirectes et ai cliqué deux fois sur le signe fatidique.

Un texte est apparu. Illisible. Totalement illisible. Des caractères étranges ressemblant à notre alphabet mais sans sens particulier. Je me suis dit qu’il s’agissait d’une épreuve supplémentaire proposée par une coalition de médecins souhaitant ma mort immédiate. J’ai cependant recherché dans les tréfonds de ce qui me restait d’intellect pour y trouver des semblants de solution. Le texte utilisait des caractères romains mais la langue m’était inconnue. Je me suis interrogé, ai copié et collé des fragments sur un site de traduction mais n’ai rien obtenu de tangible. J’ai donc imprimé le texte pour le lire à tête reposée sur mon canapé orange, celui qui prête le mieux à la réflexion.

Les feuillets que l’imprimante a digérés se sont trouvés dans mes mains lasses mais tendues et mes yeux les ont parcourus. La solution est immédiatement venue à mon esprit, il s’agissait d’une cryptologie sommaire à la Léonard, un texte écrit bêtement de droite à gauche. Je me suis levé, me suis dirigé vers le grand miroir se trouvant dans la pièce derrière moi et ai présenté en offrande humble et savoureuse les mots à mon miroir généralement distant. Il a confirmé ce fait et a fourni une solution immédiate. Il suffisait de lire ce qui était réfléchit sur sa paroi translucide. Un texte assez long.

J’ai donc suivi le cours de ma curiosité et ai tapé sur un petit ordinateur portable dévoué la première page et je vous la livrerai demain. Je ne comprends pas très bien de quoi il s’agit. Une chose bien étrange je dois l’admettre. Des termes compréhensibles mais suscitant des interrogations multiples. Ne me demandez pas ce dont il s’agit, d’où ces mots viennent, qui ou quoi en est à l’origine et pourquoi ils se retrouvent ici.

Je n’ai aucune raison de vous cacher quoi que ce soit. Je vais donc retranscrire ces textes au fur et à mesure que les aurais tapés, une page par jour, et nous ferons le point de temps en temps-.

2 commentaires sur « 2011 – EN ATTENDANT QUE LA NUIT S’ACHEVE »

    1. Merci Delft, Merci pour vos likes et vos commentaires. Vous lisez donc le français? Je m’en doutais un peu en lisant certains de vos textes mais je n’en étais pas sûr… Ravi de pouvoir vous suivre sur wordpress. Amicalement, eric

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