De la persistance du sentiment d’abandon et d’isolement, du rétrécissement de notre cellule, de l’oméga qui doit se rapprocher


De la persistance du sentiment d’abandon et d’isolement, du rétrécissement de notre cellule, de l’oméga qui doit se rapprocher

Il y a peu nous avons traversé un pays de silence, meurtri, dont les ombres seules rappelaient l’existence de vies et la tragédie de leur fin. Nous avons essayé de comprendre ce qui s’était passé et nous sommes retrouvés, pour une partie d’entre nous, accusés puis enfermés dans ce lieu de silence et d’ombre.

Les murs de la cellule se rapprochent de nous, le plafond s’abaisse.

L’autruche volante, flottante et trébuchante, qui ne clame plus de poèmes incompréhensibles mais se contente de scander l’alphabet dans le sens qui lui parait d’évidence le plus chaotique, est obligée de baisser son long cou ce qui me semble être une preuve du rétrécissement de notre environnement immédiat.

Le Yéti anarchiste est prostré dans son coin et ses jambes qui jusqu’à ce matin s’étalaient jusqu’à la porte sont maintenant remontées en accents circonflexes.

La machine à gaz rondouillarde à tendances politiciennes qui pestait et enflait et s’exclamait régulièrement qu’elle nous comprenait, comprenait les passions et les omissions, les regrets, les peines et les joies, comprenait la mort, le froid, la faim, comprenait la joie, l’accomplissement, le progrès, comprenait ce qui fallait être fait ou pas fait ou défait, et bien, ne comprend plus rien et m’a demandé tout à l’heure pourquoi nous étions comprimés les uns contre les autres dans un espace en réduction significative.

Je n’ai pas de réponse à apporter car mon esprit a effacé toute tentative de compréhension, probablement en raison de la proximité de cette parcelle de lobe cervical avec celle du souvenir et de la souffrance.

Tout est lié et je ne veux pas car je ne peux plus le supporter m’obnubiler sur le sort de nos amis disparus, les trois pingouins à lunettes roses amateurs de Piero della Francesca, l’extincteur fort sage, et ma belle, tendre, intelligente, forte et intègre Maria dont le regard m’a si souvent absorbé, envoûté et dissous dans un océan de bonheur.

Je ne veux pas savoir ce qui leur est arrivé, je ne veux pas savoir quel sort leur a été réservé, ce qui est advenu d’eux, d’elle, lorsqu’elle est tombée dans les mains de ces monstrueux miliciens, je sais ce qu’il en est, j’ai conservé des plaies vives et probablement difficilement cicatrisables, mais j’ai été quelque peu épargné, je n’étais qu’un homme.

Je ne veux pas le savoir.

J’en suis arrivé a espérer que nos amis aient eu la chance de disparaître rapidement, sans souffrance, qu’une balle les ait atteint alors qu’ils s’échappaient en courant après avoir essayé de nous faire évader de ce lieu, sans succès, la chance n’était pas avec nous.

J’en suis là.

Mais, vous voyez bien que je ne berne personne, ni vous, ni moi. Je prétends être hermétique au passé, avoir lobotomisé mes sentiments, avoir effacé ce qui devait l’être mais rien ne l’a été.

Tout me revient par bouffées. Des bouffées froides et rudes ; Qui alternent avec des moments, longs et lugubres d’abandon au silence et au désespoir ; Qui singent les ombres et les lumières d’un véhicule qui avance sur une autoroute vierge entourée d’arbres chaleureux, sauf qu’il n’y a pas d’arbre, sauf qu’il n’y a pas de soleil, sauf qu’il n’y pas de lumière, sauf qu’il n’y a pas d’autoroute, juste des ombres, qui singent la mort.

Nous sommes là prostrés dans un espace qui se rétrécit tandis qu’au dehors règne un calme lugubre, pire que celui de l’intérieur, jamais interrompu par quoi ou qui que ce soit, même plus le gentil et aimable policier qui venait s’occuper avec délectation de ma pauvre personne, même plus le milicien jeune et ivre qui nous jetait de temps en temps une pitance saumâtre, même plus cet autre jeune milicien qui frappait par plaisir les côtes métalliques de la machine à gaz rondouillarde, piquait des plumes de l’autruche psalmodiante ou hurlait à mon encontre des insultes que je ne comprenais pas.

Il n’y a plus rien, plus de bruit, plus d’interruption du silence par la haine puis le silence.

Il y a parfois des impressions de clameur au loin mais ce pourrait être des bourdonnements ou des souffles de vent dans quelque soupirail distant.

Nous buvons les gouttes qui suintent le long du robinet déglingué et ne mangeons pas.

Après tout, c’est mieux ainsi. Nous sommes esclaves de notre destin. Nous le sommes tous. Deux choses sont certaines pour vous comme pour nous c’est qu’il y a eu un alpha et qu’il y aura un oméga. Pour nous cette dernière lettre s’est approchée et c’est mieux ainsi.

Que le rideau tombe rapidement. Je ne souhaite rien d’autre.
508

Des inconvénients de la réincarnation et des travers d’un radiateur jaune artiste multiforme et d’une machine à gaz rondouillarde et politicienne


Chronique 54

Des inconvénients de la réincarnation et des travers d’un radiateur jaune artiste multiforme et d’une machine à gaz rondouillarde et politicienne  

Notre longue marche a débuté mais sous des auspices qui ne sont pas forcément les meilleures.

Certes, nous avons enfin réussi à surmonter cette déficience tant de l’origine que du but, nous ne nous mettons plus martel en tête quant à savoir si nous étions sur l’île de Vienne, la Mer d’Autriche, celle de Copenhague, ou les hauts-fonds d’Arezzo, nous ne souhaitons plus forcément atteindre les rivages de Bangkok, et ne croyons même plus que des forces inconnues ou malicieuses nous poursuivent pour nous accuser de tous les maux que la terre recèle. Tout cela est du passé. Nous savons que nous irons tout droit le long de cette route bitumée, noire sur le sable blanchâtre, bordée de lignes plus ou moins ininterrompues jaune, avec l’océan sinistre sur la gauche, et le désert affolant sur la droite.

Mais, nous marchons fort lentement et je ne vois pas comment nous pourrions dans un avenir proche accélérer le pas.

Nous n’avons pas forcément gagné au change comme l’a avoué en catimini ce brave et sage extincteur ce matin.

Nous étions quelque peu habitués au diatribes incessantes et déprimées du grille-pain existentialiste qui sortait de ses grilles les feuillets de Kierkegaard qu’il exhibait au tout venant de la même manière qu’ailleurs et en d’autres temps on le faisait du livre rouge, vert ou noir, des livres soi-disant saints. Nous supportions cela avec désinvolture d’autant que ses crises existentialistes terminaient forcément en larmes et soupirs que Maria parvenait en déposant les éclairs de son regard sur le corps démantibulé du grille-pain à confronter puis assouvir sans trop de problème. Il en était plus ou moins de même des coups de colère de ce bon vieux réfrigérateur que le Yéti anarchiste gérait lui aussi avec une certaine dose de réussite.

Les choses ont changé. Les amis d’autrefois sont devenus les amis d’aujourd’hui mais dans un des habits neufs.

En lieu et place d’un grille-pain existentialiste et d’un réfrigérateur colérique nous avons à faire à un radiateur jaune artiste polymorphe et une machine à gaz politicienne autoproclamée présidente d’un groupement politique intitulé COUAC. Ceci ne me dérangerait pas outre mesure – car chacun a le droit de s’exprimer comme il l’entend – si la posture de l’un et l’expression de l’autre ne posait des problèmes de logistique majeurs : nous progressons à vitesse d’escargot si je puis utiliser cette expression parfaitement impropre, mes excuses les plus plates aux escargots et limaces de toute race, nature, sexe et parure, il n’y avait dans mes propos aucune intention péjorative ni discriminatoire.

Le radiateur, artiste aux dimensions multiples, s’arrête très exactement toutes les 4 secondes et 33 dixièmes pour soit prendre en photo un morceau de caillou, une branche, un reflet du soleil, un bouton abandonné, une demi bouteille de plastique, une boite d’allumettes et, à chaque fois, la contemple sous tous ses aspects en dissertant sur sa beauté intrinsèque : « vous rendez-vous compte ce que le monde recèle de beauté en lui, chaque atome qui le compose est en soi une image de la perfection, qu’elle soit divine ou non cela n’a que peu d’importance. L’image que l’on néglige par trop souvent car l’œil n’y prête plus attention est pourtant truffée de beauté, à en déborder, à composer un océan de merveilles et de chef-d’œuvres. Nous devons chercher au fond de notre âme les échos de cette beauté passée et les laisser s’exprimer sans anicroche, sans filtre, sans recomposition. Regardez cette branche, le galbe de sa forme extérieure, la couleur des reflets du soleil sur ce bourgeon brûlé, regardez là-bas ces brins d’herbes qui sont encore dans leur gangue de rosée matinale et brillent de mille feux. Il s’agit de la réflexion de la beauté du monde dans chaque brique ou composant essentiel qui la compose de manière forcément discrète et invisible. »

Le discours m’importe peu, je vous l’avoue, même s’il est nauséeux, niaiseux et un brin sectaire, mais le fait de s’arrêter un nombre incalculable de fois me pèse d’autant que les rares moments de marche possibles sont à leur tour interrompus par la machine à gaz rondouillarde et politicienne qui s’exprime haut et fort à l’adresse de quelques cactus, fennecs, lézards, ou pierres ponces en tenant un langage mièvre et nauséabond : « Je vous ai compris, nous vous avons compris, nous ressentons au plus profond de nos êtres ces sentiments de frustration et souffrance, de peur et incompréhension, de gêne et dégoût, d’abandon et résignation. Nous les comprenons et les endossons. Nous avons créé cette confédération opportuniste et utopiste des anarchises contemplatifs pour vous porter sans autre ambition que celle de vous tendre une épaule fidèle sur laquelle vous pourrez pleurer tout votre soul. Nous ne sommes pas comme tant d’autres qui font les marchés une fois toutes les quatre ans et disent des âneries à droite et des âneries à gauche au gré des sondages juste pour vous hypnotiser, vous flatter, vous cajoler et recueillir vos votes. Nous cherchons autre chose, votre cœur et votre raison et voulons que ceux-ci choisissent sans autre forme de procès, jugement, analyse, ou étude. Nous voulons que de vous-même viennent ces appels à l’aide que plus personne n’entend et nul ne prononce car il y a trop de différences entre vous, la perle des vivants et eux qui ont répondu à l’appel de l’argent. Avec nous tout sera différent. L’avenir sera rose. Nous mettrons des pavés sur cette plage qui vous brûle les pieds, nous créerons des centres d’attraction sur les squelettes de baleine, nous abaisserons la température du soleil le jour et rehausserons celle de la lune la nuit, nous humidifierons ce sable qui vous brûle la peau et adoucirons vos nuits. Nous le ferons sans démagogie aucune… »

Maria nous a conseillé de ne rien dire pour le moment car nul ne sait quelles sont les conséquences d’une réincarnation mal finalisée. Elle nous a rappelés que s’il fallait agir avec subtilité lorsqu’un somnambule se promenait il pouvait en être de même avec nos amis. Nous devons être respectueux.

Ensuite, elle a noué des fils rouges autour des becs des trois pingouins amateurs de Piero Della Francesca et un fil orange sur l’autruche volante, flottante et trébuchante. Quant au Yéti anarchiste elle lui a demandé de porter l’extincteur sur son dos et de lui faire la conversation.

Elle ne m’a rien dit mais j’ai senti son regard se poser sur moi et les galaxies entières y compris la plus ancienne que l’on vient de discerner récemment se sont mises à danser sur l’écran bleu de mes paupières. Je n’en dirai pas plus pour profiter de ce feu d’artifice.

IMG_1539

Du sérieux des auteurs de cette chronique, de l’esprit cartésien des extincteurs, de John Cage, du nez de Maria et d’un sonnet d’une autruche volante, flottante et trébuchante


Chronique – 53

Du sérieux des auteurs de cette chronique, de l’esprit cartésien des extincteurs, de John Cage, du nez de Maria et d’un sonnet d’une autruche volante, flottante et trébuchante

Non, contrairement à ce que vous pourriez penser nous ne nous trouvons pas sur une île déserte et non, je ne suis pas en train de vous raconter des sornettes sur fond de nouvelle circonvolution du temps ou de mon esprit particulièrement épuisé après tant de fuites éperdues, traumatismes émotionnels, situations dramatiques et incomprises, et non, je n’abuse pas de votre amabilité ni de votre diligence en lisant ces lignes, je vous respecte trop pour cela, et je dis ceci sans malice aucune, non, non, non et non, je ne vais pas vous faire le coup des baignoires qui s’enfuient puis coulent ni du banc de sable quelque part sur la soi-disant Mer d’Autriche – car nous savons depuis un certain temps déjà qu’il y a des probabilités que j’évaluerais entre 67,33 et 76,19 % pour que nous soyons ailleurs qu’entre la belle et bonne vieille île de Vienne et la chapelle d’Arezzo enfouie sous les Alpes, elles-mêmes recouvertes par les vagues bleu tendre de ladite Mer d’Autriche.

Non, je ne vous ferai pas un tel affront pour une raison qui est finalement assez simple : les braves marins du navire philanthropique affrontant vents et marées pour livrer leurs cargaisons humanitaires à quelques honorables militaires déchus ou autres bonnes âmes de même acabit ont eu l’extrême bonté de nous laisser sur une belle et longue langue de sable aux abords d’un désert continental s’étendant sur des milles, des kilomètres, des nœuds, des pas ou ce que vous voudrez, longé par une sympathique route bien grise et élégante, toute droite, toute belle, bordée par une ligne jaune à droite et jaune à gauche comme cela vous ne pouvez pas vous tromper en disant droite ou gauche, c’est une idée assez sympathique avouez-le.

L’extincteur fort sage et penseur a tiré trois conclusions de ces faits simples et précis : (i) nous venons de sortir d’une Mer ou d’un Océan, (ii) nous nous trouvons sur une plage abandonnée de tous et toutes, même les baleines, (iii) une route longe la mer venant d’un certain lieu et se dirigeant vers un autre, (iv) un désert empêche d’évidence de s’enfoncer de manière quasiment perpendiculaire à la route par crainte de se perdre, (v) qui dit route dit forcément véhicule, (vi) qui dit véhicule dit conducteurs vivants car s’il étaient morts ils ne conduiraient plus ayant autre chose à faire de plus intéressant, (vii) qui dit conducteurs vivants dit possibilité de secours et (viii) qui dit secours dit possibilité de ne pas mourir ici bêtement, stupidement et niaisement après avoir assisté à la réincarnation d’un grille-pain existentialiste en radiateur jaune et d’un réfrigérateur colérique en machine à gaz.

Le Yéti anarchiste a fait remarquer que cela faisait bien plus que trois conclusions mais l’extincteur a rétorqué que s’il avait des épaules il les hausserait.

Maria a pris les choses en main en interrompant ces chers pourfendeurs de vérités difficilement discernables car naturellement qui d’autres que des penseurs de renom auraient pu arriver à de telles conclusions et elle a souligné que nous devions nous dépêcher d’attendre dans cet abri constitué par un squelette de baleine improvisé portail d’un futur centre touristique à venir, pour permettre aux deux ressuscités de se remettre de leur rédemption et de manifester quelques signes de vie.

Nous avons abondé en son sens même si elle n’a pas attendu notre réaction sachant implicitement que nul d’entre nous, surtout pas moi, n’oserait mettre en doute la véracité et pertinence de ses propos, propos prononcés par des lèvres d’une sinuosité parfaite en dessous d’un nez qui s’il avait été aperçu par Cléopâtre lui aurait valu les pires difficultés et encore en dessous d’une paire d’yeux dans lequel le simple plongeon équivaut à la perte de toute notion du temps, du lieu, de soi-même et d’autrui pour 4’ et 33’’.

Tout ceci vous permet de constater qu’espoir il y a et qu’île il n’y a pas et qu’ainsi les perspectives de trouver un sens à notre fuite et marche ne sont pas insignifiantes.

Les trois pingouins ont d’ailleurs entrepris de creuser sous le squelette pour rechercher les tuiles de la chapelle d’Arezzo tandis que l’autruche volante, flottante et trébuchante nous a livré un nouveau sonnet, cette fois-ci non musical, que je vous offre en cette charmante veille de week-end :

« Après moi le déluge, Viennent les girafes, Chantent les mosaïques, Crissent les pneus, Obtempèrent les paysans, Estiment les notaires, Plaisent les plaisants et Cuvent les cuveurs, Moi je m’en fiche et vais en friche. »

§753 - Copy

Chronique – 21


De l’incompatibilité appare*te entre u* Yéti et l’i*formatique

*ous avo*s du rester da*s *otre petite maiso* près du parki*g pratiqueme*t toute la jour*ée, *o* pas e* raiso* d’u*e plai*te quelco*que des autorités mais de par la me*ace co*comita*te des i*o*datio*s et de l’avala*che de co*sommateurs déchaî*és et passio**és e* ces veilles des po*ts. A plusieurs reprises j’ai te*té e* m’aida*t de mo* passé de rugbyma* de forcer l’étau des lig*es d’ava*ts mais *’ai rie* pu faire, ceci sa*s compter le fait que derrière moi se traî*aie*t u* certai* *ombre d’éléme*ts peu disposés pour la lutte ou la course et deva*t u* Yéti a*archiste qui malheureuseme*t pour lui a été pris pour u*e peluche géa*te par u*e armée de *ourrisso*s, charma*ts au demeura*t, et de leurs mama*s, charma*tes elles aussi et du reste des troupeaux familiaux hurla*t et trépig*a*t tels des bœufs musqués e* période de rut.

Il *ous a do*c semblé bie* plus avisé de *ous réfugier da*s *otre local dit tech*ique auprès des très chaleureux circuits électriques et p*eumatiques qui *ous o*t accueillis la *uit der*ière. *ous y sommes restés toute la jour*ée parve*a*t à la co*clusio* que rie* *e pourrait être e*trepris ava*t la fi* des *octur*es et le début de la *uit réelle, celle avec ciel *oir, obscurité, reflets des lampes sur les *uages bas et humides, et pluie diffuse céda*t le pas à la *eige vers quatre heures quara*te quatre.

*ous avo*s discuté de choses et d’autres ava*t que les pi*goui*s aux lu*ettes roses *e fi*isse*t par aborder le sujet particulièreme*t délicat qu’aucu* d’e*tre *ous *e souhaitait aborder, la *ourriture… *ous avio*s faim. Pour l’exti*cteur, pas de problème particulier da*s la mesure où ce der*ier se *ourrit, comme chacu* le sait, les *uits d’équi*oxe seuleme*t. Pas de problèmes *o* plus pour le réfrigérateur ou le grille-pai* qui disposaie*t de certai*es réserves au sei* de logeme*ts i*adéquats prévus à cet effet.

Pour Maria – c’est bie* so* *om, je le sais avec u*e certitude proche de 99 pour ce*t depuis les rêveries de la *uit der*ière, et pour moi – il y avait u*e certai*e forme d’urge*ce mais éta*t humai*s et do*c sujets disposa*t d’u*e forme de co*trôle sur soi démesurée et remarquable, *ous savio*s que *ous pouvio*s *e pas ma*ger ou boire pe*da*t vi*gt deux mi*utes et deux seco*des. Ce temps éta*t écoulé, il *e restait peu de choses à faire si ce *’est dormir puisque qui dort dî*e comme chacu* le sait bie*. C’est ce que *ous avo*s fait avec u* peu de regret de mo* côté je dois l’admettre.

Restait le Yéti a*archiste. Je *’ai pas compris au départ ce qu’il ferait mais après u* lo*g somme, *ous avo*s découvert l’ampleur des dégâts : circuits p*eumatiques e* caoutchouc, la*ières e* plastique et fusibles rouges pour des raiso*s que seuls les a*archistes co**aisse*t réelleme*t. Mais égaleme*t, il semblerait qu’il ait souhaité disposer de certai*es touches laquées *oires do*t il *ous a dit après coup qu’elles étaie*t très délicates… A ce stade *ous *e pouvo*s que le croire mais avo*s du lui dema*der de *e plus agir ai*si au risque de *ous priver à jamais de la possibilité d’écrire les chro*iques qui vous parvie**e*t depuis des étapes bie* choisies de *otre fuite.

E* espéra*t que ceci sera lisible e* dépit de l’abse*ce de la lettre ‘*’ pour laquelle le yéti a*archiste *ous a soulig*é qu’elle avait u*e saveur particulière : *éa*t, *éa*dertalie*, *amur, *oémie, *ihilisme, *o*o, *elly, *i*apur, et *ullissime a-t-il de fait murmuré da*s u* éla* de profo*de gé*érosité.

Je dois admettre compre*dre de moi*s e* moi*s mes compag*o*s de fuite mais là *’est pas la questio*.

Bo**e jour*ée…
§1040

Chronique – 14


Des autruches et de leur courage et dignité

Le calme est revenu dans ma cuisine. Hier soir, le réfrigérateur, l’extincteur et le Yéti anarchiste se sont assis sur le carrelage et ont contemplé la pluie qui tombait à l’extérieur. Ils y sont encore.

Depuis hier, ils devisent sur le sujet de réflexion que je leur avais suggéré, à savoir pour quelles raisons depuis Pline l’ancien au moins on considère que les autruches sont des animaux stupides et peureux qui enfoncent la tête dans le sable lorsqu’elles sont effrayées.

Je suis rassuré par ce comportement car je dois admettre que les tensions qui sont apparues ces derniers jours et ont culminé hier sont intolérables et difficilement supportables. Elles me mettent en porte-à-faux par rapport aux dispositions légales et règlementaires telles que décrites dans les lois sur le bien-être, la liberté, les droits des humains et de leurs congénères organiques, les devoirs de retrait et les droits d’entrée, la joie et le bonheur pour tous et un peu pour toutes et que la paix soit sur le monde et ailleurs.

De fait, je dois absolument leur faire comprendre qu’en tant que co-auteurs de ces chroniques ils ont une responsabilité non négligeable sur le contenu de ce qui est diffusé, partagé ou effleuré sur le web et qu’en conséquence moins ils aborderont de sujets controversés, délicats ou sensibles et mieux nous nous porterons.

Voici donc un sujet qui ne fâchera personne et qui apportera à chacun en termes de consolidation et expansion de sa culture générale, particulière ou végétale. Dont acte.

Selon le réfrigérateur, les autruches sont des animaux courageux qui vivent en Arctique et hibernent lorsque la mauvaise saison arrive. Elles volent vers le sud une année sur deux et lorsqu’elles rencontrent des baleines elles se mettent à voler en cercle et hurler ‘Drasckh’ pour des raisons qu’elles seules comprennent. Les baleines n’ont jamais compris ce comportement, malheureusement, et de ce fait les éloignent par des jets puissants pour éviter les salissures ou des griffures sur leur dos lisse et fin. Le fait qu’elles aient été vues lors de leurs migrations de nord au sud ou réciproquement en train de se nettoyer le visage de ces embruns a été mal compris par ledit Pline qui comme chacun le sait n’a jamais mis les pieds dans le grand nord et n’a jamais vu de baleines.

Pour le Yéti, les autruches sont des animaux très chaleureux et sociables qui cherchent par tous les moyens à attirer l’attention sur les méfaits d’une vie isolée. Elles haranguent les uns et les autres et leurs suggèrent de mener une vie communautaire basée sur le contentement de soi par celui du groupe, le respect des entités animales, végétales et minérales et la pratique de l’ascèse himalayenne par les gestes et les rites prévus par le grand yéti bleu et retranscrits dans ses pensées sauvages et saines intitulées : ‘Jets et pulsions dans l’orient ancien ainsi que taille des nénuphars’. Ladite gestuelle recommande dans ses livrets 3 et 15 de baisser la tête et procéder à des ablutions à même le sol tout en criant ‘bouah, bouah !’ sept fois. Les autruches se sont conformées à ces rites mais ont payé le prix fort et Pline l’ancien qui comme chacun l’imagine ne comprenait rien aux précis himalayens a procédé à des interprétations oiseuses et hâtives sur le comportement des pauvres autruches.

Enfin, selon l’extincteur, les autruches qui sont des animaux charmants et fins, ont été choisis lors d’une migration extra-terrestre précédente, celle des xilophons, comme représentants en bonne et due forme des populations terrestres et ont appris les prémisses du dialogue intergalactique de base qui enjoint les négociateurs se rencontrant pour la première fois de baisser l’appendice le plus élevé, quel qu’il soit, vers le bas en signe de respect tout en s’embrassant, se serrant dans ce qui peut servir de bras, tentacules ou ventricules, et disant l’équivalent dans leur langue ou dialecte de ‘ami, aimer, cher, joie, bonheur, paix, volupté’ et ce avant tout coup fourré de première, deuxième voire quatrième catégorie – seule la troisième catégorie étant exclue selon les édits de Naples et Sainte Augustine-la-vive. Les répétitions nombreuses effectuées par les diplomates autruchiens sont ainsi dignes d’éloges et il n’est donc pas surprenant que les humains, en particulier le vieux Pline, n’ai rien compris à cela.

Je laisse ceci à votre réflexion tout en posant ma tête sur le sol pour apaiser mes amis. Nous sommes tous et toutes les autruches de quelqu’un, autant commencer chez soi
§§§22