De l’implosion d’un monde artificiel


De l’implosion d’un monde artificiel

 

Comme souvent depuis un certain temps, les choses tendent à prendre un cours totalement incompréhensible.

 

Je vous ai décrit en long et en large, surtout en large je pense, notre déambulation dans ce monde artificiel parsemé de décors et mécanismes en trompe l’œil devenant discernables uniquement lorsque l’on s’écarte du droit chemin, c’est-à-dire en l’occurrence une route bitumée toute brillante serpentant entre prés et collines verdoyantes sous un soleil de fortune parfaitement chatoyant.

 

Je vous ai indiqué chiffres à l’appui que le nombre d’enfants nous précédant était en forte diminution depuis que nous avions quitté ladite route suivant les injonctions de l’autruche volante, flottante et trébuchante et que ces disparitions survenaient irrémédiablement mais sans aucune visibilité.

 

En d’autres termes, même en ne quittant pas des yeux ces enfants, leur nombre a diminué sans que nous ne puissions déterminer comment et où ils disparaissaient.

 

Mes amis ne semblent pas troublés outre mesure par ces faits et considèrent que tôt ou tard les paramètres régissant cette réalité particulière changeront sans que nous nous en rendions compte.

 

Pour ma part ceci me laisse pantois.

 

Depuis ce matin les évènements se précipitent de manière particulièrement rapide.

 

Le Soleil, l’astre luisant haut dans le ciel bleu électrique a chuté ce matin et a explosé dans un vacarme assourdissant suivi par un écho crissant et des étincelles misérables. Le ciel est dorénavant perforé et en lieu et place dudit astre il y a une sorte de trou non pas noir mais gris et fumant. Au-delà on ne distingue peu de chose si ce n’est peut-être une forme plane vaguement bombée et rousse.

 

Peu de temps après, la Lune a suivi le même chemin mais étant de taille plus réduite et située moins haut dans le firmament elle s’est contentée de s’écraser au sol et rebondir sur plusieurs dizaines de mètres avant de s’immobiliser à quelques mètres de la machine à gaz rondouillarde à tendances politiciennes qui s’est empressée de la rejoindre en lui affirmant qu’elle l’avait comprise. Je me suis également approché et ai pu déterminer après un examen minutieux que ladite Lune était en forme de croissant métallique blanc recouvert d’un fin vernis anthracite sur le dessus et roux sur le côté abimé sur le sommet ou la base à l’endroit où elle s’était effondrée.

 

Le ciel s’est également troué à l’endroit où elle se trouvait auparavant mais en cet endroit particulier la fissure s’ouvrant en lieu et place de la Lune laisse apparaitre des semblants de filins et même, me semble-t-il, quelques néons un peu rosâtres.

 

Puis, les choses se sont accélérées.

 

Le sol a tremblé à trois reprises et des arbres se sont effondrés.

 

Les collines ont disparu pour céder la place à un assemblage de planches et briques.

 

Le sol faisant office de mer striée d’écume blanche s’est affaissé et là également des tuyaux sont visibles. Certains de ces derniers ont alors éclaté déversant des centaines de litres d’eau sur le plancher et emplissant la mer artificielle d’un liquide à peine transparent surplombant l’écume restée en dessous ce qui n’est pas forcément très logique.

 

La route dont j’indiquais précédemment qu’elle était bitumée s’est à son tour ouverte sous les coups de butoir d’un étrange bulldozer ayant fait son apparition à ce moment particulier derrière l’une des collines disparues.

 

Un autre véhicule lourd est apparu, une sorte de mélange d’aspirateur géant et de pelleteuse mécanique, et s’est mise à systématiquement engloutir les éléments du paysage.

 

D’autres mécanismes un peu plus petits en taille mais bien plus nombreux se sont mis en marche et ont enroulé les tapis formant le sol herbeux sur lequel nous marchions il y a peu.

 

Nous nous trouvons au milieu de ce capharnaüm et sautons sur place pour ne pas être écrasés ou avalés par l’une ou l’autre de ces machines ou simplement absorbés par le sol en déliquescence. Mes amis le font avec une certaine pondération et, je dois l’admettre, une grande élégance, notamment s’agissant du Yéti anarchiste confondant peut-être les mouvements des décors avec les soubresauts d’une révolution essoufflée.

 

Je ne suis certainement pas aussi élégant et tente autant que faire se peut de déterminer s’il y a de l’humain là-dessous mais je n’en suis pas sûr. Je me suis approché tout à l’heure en rampant d’une des petites machines enroulant le sol mais ne suis pas parvenu à discerner une forme quelconque à l’intérieur.

 

Le vacarme est assourdissant, je l’ai déjà dit, mais ce qui est surprenant c’est l’ajout d’une musique de fond qui pourrait être le Stabat Mater de Dvorak si l’intensité des coups et explosions n’était pas telle qu’elle rendait inaudible la musique.

 

Au moment où j’écris ces lignes qui seront les dernières pour aujourd’hui car les vibrations du sol sont trop intenses pour pouvoir continuer à taper un texte intelligible, des images sont projetées sur des parties du ciel demeurées lisses et bleues représentant des tanks, des avions et des canons bombardant des villes, des maisons en feu, des personnes fuyant des combats, d’autres marchant les mains liées derrière le dos, des soldats arrogants les regardant passer en fumant, des femmes agenouillées et pleurant, des enfants s’extirpant de voitures brulées et de cités en ruines.

 

Je vous laisse…
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Du bout du tunnel et de nulle part…


Du bout du tunnel et de nulle part…

 

Nous devons être au bout du chemin, le bout du tunnel, le bout de nulle part.

 

D’un côté la lande sans fin, la boue, les mondes compressés, les vies compilées et empilées, le vent qui assèche tout et tente vainement de bousculer un incendie qui avance, bleuté, et marque d’une ligne sombre l’horizon bouché. De l’autre, la mer, des vagues farouches, un plafond bas, trois soleils regroupés en chapelets ridicules et laiteux, une falaise crayeuse, une plage ridicule, petite, de galets et rochers moussus ou pointus, sur laquelle des milliers d’hères se tassent attendant des milliers d’autres qui arrivent silencieux en file longue et fataliste, résignée à son triste sort.

 

Le grille-pain existentialiste qui gît sur mon épaule ne cesse de répéter qu’il ne comprenait pas pourquoi « être revenu d’un songe sans rêve pour être traîné dans un cauchemar sans fin. Pourrait-on m’expliquer l’utilité d’un don non point d’ubiquité mais de métempsychose s’il s’agit d’irrémédiablement terminé dans une sorte de Dunkerque ridicule. Il ne manque plus que les stukas et on pourrait rejouer une deuxième guerre mondiale entre nous et eux, ces inconnus qui errent d’oméga à alpha et ne parviennent même pas à se rebeller, exprimer leur colère ou leur épuisement. Regarde-les ! Ils sont là, transis de froid, meurtris par la perte de tant de leurs proches, persuadés de leur propre et misérable fin et pourtant ils ne disent rien, ne pipent mot, se taisent et se posent à terre, se retrouvent bousculés mais ne disent rien. Ils contemplent la mer comme si les cavaliers de l’apocalypse devaient soudain se mettre à charger et les décimer. Je ne comprends pas. Nous sommes vraiment futiles et illusoires, inutiles et benêts. Pourquoi tout accepter ainsi et ne jamais nous rebeller ? »

 

Je cherche des yeux si nos amis égarés ne se trouveraient pas dans cette cohue humaine et animale mais je ne vois rien. J’appelle mais nul ne me répond. Le silence est profond mais ne conduit pas les sons que je prononce car le vent, les vagues et les pas de celles et ceux qui froissent les galets dispersent mes mots. Je ne me fais pas entendre. Personne ne m’écoute. Je ne suis pas muet mais toutes et tous sont sourds.

 

Le seul qui dans cet environnement dantesque a trouvé une forme de repos est Bob le pingouin qui se matin s’est enfui après avoir fait des adieux un peu sommaires et, me semble-t-il, peu adaptés aux circonstances « Bon, c’est dit, je me barre, pourquoi je resterais avec un humain paumé et un assemblage de plastique mal goupillé qui ne fait que se lamenter. Après tout, moi je sais voler et il y a des falaises. Cela me rappelle mon enfance. Je vais me trouver un petit creux quelque part là-bas et m’y enfouir le temps que cela se passe et se tasse. Ça va pas être très joli quand tout va se consumer. Désolé de vous lâcher cela ainsi mais franchement c’est mieux de le savoir, mourir brûler ça fait très cathare mais c’est pas drôle. Jeanne d’Arc elle y croyait mais vous ? Moi ? Pas du tout, mais alors pas du tout. Piero della Francesca lui au moins ne s’est pas retrouvé au barbecue. Bon, il faut l’admettre il ne s’est pas mêlé de ce qui ne le regardait pas, il a pas dit à ce crétin de Pape que la terre était ronde, qu’elle était perdue autour d’un soleil modeste même pas au milieu d’une galaxie commune et ordinaire. Non, il s’est tu et a laissé les autres faire le sale boulot. Il s’est contenté de peindre ses fresques et tableaux merveilleux. Il y a mis toute une vie de passion et beauté… Bon, vous me direz que le retrouver cela va pas être coton mais pour l’heure je me barre. Lorsque l’incendie aura fini par se mouiller un coup je reviendrai et si par chance vous êtes toujours là on verra ce qu’on pourra faire ensemble. Je vous souhaite une bonne et belle journée. Au moins il fera pas froid. A plus, les potes. C’était sympa de vous connaître ».

 

Et il est effectivement parti ainsi, sans autre forme de procès. Je n’ai rien dit car peut-être est-ce la meilleure solution. Il survivra et pourra, si d’aventure il retrouve un jour Maria, l’extincteur, la machine à gaz, le Yéti et ses frères ou sœurs, leur raconter ce qui est arrivé ici.

 

Je regarde vers l’orient et vois des nuées humaines qui se déversent sur cette plage de cinquante mètres de large pour quelques kilomètres de long. Des humains se noient par intermittence, au rythme des vagues mais nul ne semble le remarquer.

 

Il y a une malsaine habitude de la mort qui s’est installée sur les univers compressés que nous foulons, une fichue habitude que celle-ci.

 

Il y a quelques minutes, un représentant de je ne sais quelle autorité m’a dit en passant que finalement maintenant ou plus tard on y passerait tous alors mieux valait ne pas trop se soucier, dans quelques heures tout sera fini et on pourra passer à quelque chose d’autre.

 

Je lui ai demandé s’il était croyant et il a ri d’un sourire en diagonale gauche et a conclu : « qu’est-ce- que cela peut faire maintenant ? Croyant ou pas, on va bientôt savoir. A mon avis, il vaut mieux ne pas trop croire cela évitera de désespérer. Pour ma part je vais annoncer aux braves gens qui se compressent que les autorités provisoires et anarchiques de la région est, ou sud, je ne sais plus, vont arrêter l’incendie dans une heure trois quart et trente-deux secondes, il faut être précis, cela fait plus crédible, vieux truc de vieux marin, ceux du Titanic ont dû faire pareil, puis répartir chacune et chacun dans un palais de marbre bleu et granit rose, rose cela fait joli, et je passerai le message, et vous savez quoi l’ami ? je suis sûr que certains vont y croire… je vais leur faire un autre coup que j’aime bien, je vais leur parler de décret ou règlement, de circulaire et de comité de salut public, et cela les soulagera. Le politique c’est fait pour cela, soulager, faire croire qu’il y a quelque chose ou quelqu’un qui contrôle ce qui ne peut plus l’être. Avant c’était le religieux mais ça c’est foutu. Alors il faut bien qu’on leur raconte des conneries pour qu’ils se la ferment. En plus ils avalent tout. Moi j’ai dû rester parce que le dernier hélicoptère est parti avec les trois femmes et deux maris du vieux con qui servait de ministre sacré de l’ordre, de la sérénité et de l’amabilité, dans la justice, l’équité et le bonheur. Un nom tout con mais ça a marché. Ils m’ont éjecté manu militari en me disant qu’ils enverraient un autre hélicoptère pour me retrouver, et le plus drôle mon ami c’est que je les ai cru moi aussi… Comme avant lorsqu’ils me bernaient avec des conneries du style ‘on vous dépouille pas, on pollue pas tout, on détruit rien, c’est du solide, on fait ça pour vos gosses, petits-gosses et arrière petits-gosses, on tue pas pour le plaisir mais par devoir et pour l’humanité, on s’intéresse pas au fric mais à vos cœurs, vos âmes, votre bonheur, et blablabla… Bon, vous m’avez compris, j’ai tout gobé et j’ai même trouvé le moyen de leur faire au revoir de la main tandis qu’un de ces cons fouillait dans son portefeuille de merde pour voir si je n’avais rien volé… Tu t’imagines l’ami ? Fallait être con, non ? Bon, je vais passer le message. Il faut les rassurer, qu’au moins ils meurent en paix en pensant à l’au-delà. Moi je vais penser à l’eau d’ici qui est froide, je me tâte, me noyer ou brûler ? Trop drôle… Non, je ne suis pas drôle… Juste un peu peur, totalement peur, comme toi… »

 

Il est parti et moi je suis resté au milieu d’une foule compacte et oppressante. Il ne reste plus grand-chose à espérer mais je sais que demain les choses iront mieux. Forcément.

 

Tout est relatif dans ce bas monde. Je ne sais pas comment on va se sortir de cette chronique-ci mais on trouvera bien un moyen.

 

Tout cela c’est de l’imaginaire, alors n’y croyez pas trop, il n’y a rien qui ressemble à quoi que ce soit de vrai ou réaliste, toutes les situations sont inventées, que du bidon, pas de similitude avec quoi que ce soit. On verra demain. Pour l’heure, dormez bien je vous prie, les trois soleils d’ici vous saluent bien.

 

§993

La vie est neige


Demain 45


45.

La situation est pitoyable. Les grands dadais que nous sommes devenus se comportent tels des mules groggies ou des macaques endormis. Nous sommes assis, la trentaine qui reste, un assemblage hétéroclite de désabusés, résignés ou déprimés, au pied d’un dôme immense, au milieu d’une plaine d’éoliennes et de cubes blanc, prise dans une garrigue qui s’ignore. Le vent s’est levé. Je crois qu’on le nommait Mistral, il y a longtemps. Le ciel est d’un bleu cristallin, les nuages s’y déplacent à grande vitesse et parfois tracent des dessins étranges et oppressants. Le soleil est vif mais ne réchauffe guère. Nous avons froid. Nous ne comprenons pas ce qui se passe, nous ne savons pas où nous sommes, et restons totalement impuissants face à cette équation au x inconnues nombreuses.

J’ai fait le tour de ce bout de sphère de verre, opaque jusqu’à une dizaine de mètre de hauteur, et ai compté environ cinq cent pas. Si l’on considère que mes pas doivent faire à peu près quatre-vingt centimètres ceci nous amène à plus ou moins quatre cent mètres de circonférence, donc, si je ne m’abuse, et si Pi demeure Pi, ce qui n’est plus forcément une évidence, cent trente mètres de diamètre, ce qui est conséquent.

Si l’on pousse le raisonnement un peu plus loin, si l’on considère que le dôme que nous apercevons s’enfonce dans le sol, et si l’on anticipe que la courbure que nous voyons n’est pas et de loin s’en faut un demi-cercle mais un simple arc laissant une grande partie de ce volume sphérique enterré, il pourrait s’avérer que le diamètre à la base, à quelques dizaines de mètres sous le sol sur lequel nous posons nos séants malheureux et dépités, la surface enfermée sous ce dôme de verre pourrait être proprement immense, un monde souterrain, une bulle de vie, arpentée, pourquoi pas, par certains de nos contemporains, des dizaines, centaines ou milliers, à l’abri des circonstances extérieures, des privilégiés camouflés à l’abri des fanfaronnades terroristes ou des dérèglements de notre ancien monde virtuel.

Oui, mais voilà, cela nous ne pouvons le savoir car nous sommes si stupides et démunis, la fleur de la fleur, les survivants d’un cataclysme pitoyable, incapable de grimper la dizaine de mètres de verre poli, glissant et opaque pour pouvoir atteindre la partie transparente et y décerner ce qui s’y cache. Nous avons tout essayé. Chacun a tenté quelque chose. Et nous nous sommes toutes et tous comportés tels des imbéciles du plus haut niveau. Celui-ci a fabriqué une échelle faite de brindilles et branches mal ficelées, s’est élevé de deux ou trois mètres pour s’écraser lamentablement sur un buisson de ronces. Celle-là a demandé à deux ou trois autres de s’appuyer sur la surface sphérique, pour supporter une ou deux autres sur les épaules et elle-même au sommet, mais l’entreprise a avorté avec contusions, blessures diverses mais heureusement pas trop graves et cris aigus. Tel autre, moi en l’occurrence, s’est déshabillé, a enduit le verre de résine détroussée à un conifère nain et a tenté de grimper comme il pouvait sur la surface supposée rugueuse suite à un tel traitement mais n’a pu franchir le record des cinq mètres de hauteur établi la veille par une enfant propulsée par son seul courage. Toutes et tous ont échoué et sont retombés sur le sol caillouteux et aride de l’endroit, le cœur lourd, la peau déchirée, les os meurtris, et le courage anéanti.

Il doit y avoir des dizaines de manière imaginables de gravir ces dix mètres, observer ce qui se cache sous cette soucoupe de verre, peut-être rien après tout, peut-être tout, et dans ce dernier cas de briser le verre et se glisser à l’intérieur. Si les ordinateurs fonctionnaient encore ils nous fourniraient une solution immédiate, voire trois, sept ou soixante et onze. Mais ils se sont éteints et avec eux notre intelligence et, plus encore, ce qu’il nous restait d’humain.

Nous sommes assis et restons silencieux. Mélanie a suggéré que nous attendions que la nuit tombe et qu’à ce moment-là nous devrions découvrir fort simplement si oui ou non il y a de la vie sous ce verre, en tout cas s’il y a quelque chose qui y ressemble. McLeod lui a dit que cela lui paraissait une mauvaise idée car si tel était le cas ce serait encore plus frustrant puisque nous serions alors convaincu de l’existence d’une vie à quelques mètres de distance tout en étant tout à fait incapable de la rejoindre. Betty a proposé que l’on jette des cailloux sur le verre pour attirer l’attention de celles ou ceux qui se cachent en dessous. Léa a rétorqué que ceux qui se cachaient en cet endroit n’allaient certainement pas au simple bruit d’un ridicule cailloux procéder à l’ouverture de portes cachées en disant chers réfugiés, soyez la bienvenue. Frank, un gamin d’une douzaine d’année s’est esclaffé puis soudainement plus sombre a noté que peut-être les occupants de ces lieux pourraient sortir avec kalachnikovs en bandoulière. Son amie, Jenny je crois, lui a tenu la main fermement, et a suggéré qu’il pourrait s’agir d’une forme de vie inconnue ce qui a effrayé d’autres enfants à proximité. Je me suis contenté de rappeler que le sol paraissait solide, qu’il n’y avait aucune trace de pas ni de voie de communication et qu’en conséquence on pouvait exclure l’ouverture d’une quelconque porte. Le danger n’était pas énorme ; rien ne nous empêche d’attendre quelques heures. Il n’y a probablement rien là-dessous, pas plus qu’il n’y a quoi que ce soit dans ces cubes blancs. Mais attendons la nuit. Nous verrons bien.

Nous sommes assis au pied du dôme de verre, de manière un brin ridicule et attendons, Godot ou qui que ce soit, cela importe peu, nous attendons. Nous verrons bien, ou rien. Après tout, nous avons l’habitude.